04 juillet 2009

Namasté

Je pars en vacances une dizaine de jours donc, d’ici là, pas de nouveau billet.

En regardant mon petit patchwork de photos, vous devinerez aisément ma destination !

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À mon retour, l’album « Gribouillage » devrait être augmenté de quelques dessins et autres aquarelles…

À bientôt !

 

07:20 Publié dans Moi je moi-même | Lien permanent | Commentaires (1) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : gribouillage |

02 juillet 2009

Dans la ville des veuves intrépides

Dans la ville des veuves intrépides.jpgDans la ville des veuves intrépides de James Cañon paru en 2008 chez Belfond.

Colombie, dans les années 90. Au fin fond du pays, se trouve une petite bourgade dont la tranquillité est ravagée par l’arrivée de guérilleros errants. Après avoir demandé aux habitants de leur offrir argent et nourriture pour soutenir leur révolution et constatant que tout le monde se claquemure chez soi, les guérilleros passent à l’action. Ils défoncent les portes de chaque maison du village pour récupérer le maximum de choses, enlèvent tous les hommes de plus de 12 ans et massacrent tous ceux qui se rebellent.
Les femmes se retrouvent alors seules. Hormis les enfants, il ne reste que trois hommes : Julio qui, déguisé en fille par sa mère, échappant de peu au viol, est tellement traumatisé qu’il refusera de parler et ne s’habillera plus qu’en femme ; Santiago dont le grand amour, Pablo, décédera dans ses bras et sera alors surnommé par les femmes « L’Autre Veuve » et le curé.
Les veuves, envahies par leur chagrin, laisseront le village péricliter. Seule Rosalba, la veuve du brigadier, essaye tant bien que mal de réagir en se faisant nommer maire.
Peu à peu, le village renaît tout en étant traversé par différentes crises : comment faire pour que la communauté survive sans homme ; que faire quand la seule horloge du village s’arrête et que tout le monde se met à vivre à son propre rythme, chacun ayant son calcul personnel du passage du temps bouleversant ainsi la cohésion sociale des habitants. Rosalba soit aussi gérer la rébellion des femmes les plus aisées, celles qui possèdent du bétail, quand elle décide de promulguer un arrêté pour que toutes les ressources soient mises en commun et que chacun puisse vivre décemment. La communauté sera aussi mise à rude épreuve lors du retour de certains hommes enlevés par les guérilleros plusieurs années plus tard. Ils découvrent avec stupeur les femmes complètement autonomes et vivant en autarcie, ayant reconstruit une communauté sur de nouvelles bases que les hommes auront du mal à accepter.

Entre les chapitres consacrés à une ou plusieurs personnes du village, on peut lire des interviews d’homme pris par cette guerre qui n’a pas de nom. Ces hommes, qu’ils soient guérilleros, militaires ou paramilitaires, racontent à un journaliste comment ils la vivent, qui ils étaient avant et, surtout, qui ils sont devenus face aux horreurs de cette guerre.

Un roman foisonnant et très dépaysant avec de nombreux personnages et une intrigue très riche qui permet à l'auteur  de développer de nombreux thèmes. L’écriture est très agréable et l’histoire baroque à souhait, souvent violente et dure mais non exempt d’humour. C’est beau, émouvant, coloré et, à mes yeux, mérite son Prix du Premier Roman étranger décerné en 2008
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Guatapé – Antioquia de laloking97

11:34 Publié dans Livre | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : littérature colombienne |

01 juillet 2009

L'hiver de Frankie Machine

L'hiver de Frankie Machine.jpgL'hiver de Frankie Machine de Don Winslow paru en 2009 aux Éditions du Masque.

À 62 ans Frank Machianno a suffisamment de maturité pour apprécier les petits plaisirs de la vie. L’existence de cet amateur d’opéra est d’ailleurs réglée comme du papier à musique. Il aime le bon café frais de sa machine à espresso, cuisiner, surfer après sa matinée de travail dans sa boutique d’appâts, démarcher les restaurateurs pour leur vendre ses services en linge de table ou poissons frais. Car Frank est un homme très occupé entre ses différentes activités, son ex-femme, sa fille qui va faire médecine et sa maîtresse.
Mais la routine qu’il apprécie tant déraille le jour où il reçoit la visite inopinée de Peter "Mouse junior" Martini et Travis Renaldi. Mouse junior, le fils du mafioso de San Diego, voudrait que Frank lui rende un service. Autrefois, Frank était Frankie Machine, l’homme de main le plus redoutable de la mafia de la côte ouest. Le « service » demandé par Mouse junior tourne vite au vinaigre pour Frankie et, en état de légitime défense, abat deux hommes venus de Détroit. C’était un piège. Frankie se retrouve alors pourchassé par la mafia locale et par celle à qui elle rend des comptes, la mafia de Détroit et de Chicago.
C’est en égrenant ses souvenirs tout en échappant à divers traquenards que Frankie va essayer de comprendre ce qu’il a bien pu faire pour se retrouver dans la ligne de mire de tant de personnages dangereux.

Une plongée au cœur d’une mafia peu connue, celle de la côte ouest des États-unis, où l’on suit l’ascension de Frankie au sein de cet organisation criminelle des années 60 jusqu’aux années 80 quand il décide de s’écarter de ce milieu. L’écriture de Don Winslow est plaisante et le roman difficile à lâcher tant on s’attache au personnage de Frankie Machine.

Robert de Niro a acheté les droits de ce roman et jouera le rôle de Frankie Machine dans un film dirigé par Michael Mann.
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The day the sky bled de San Diego Shooter

11:17 Publié dans Livre | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : littérature américaine, thriller |

19 juin 2009

Madame ! On peut entrer en chaussettes ?

Bientôt 19h un vendredi ensoleillé.

Je me concentre tant bien que mal sur une sélection de mangas alors que je n’ai qu’une envie depuis 15h de l’après midi : rentrer chez moi (oui, je trouve aussi que ça fait tôt 15h comme heure de coup de mou !).

Des jeunes filles, enfin, des presque plus « gamines » et des pas tout à fait encore « jeunes filles », me sortent de ma léthargie en me demandant d’un air joyeux, jovial et réjoui si elles peuvent entrer en chaussettes à la bibliothèque. En chaussettes ? L’information met un certain temps à monter au cerveau et ne s’accélère seulement quand je remarque que tout le groupe à des rollers à la main !

Ma foi… je révise mentalement le règlement : les téléphones non, manger non, boire non, les chiens non, les chaussettes ? Pourquoi pas ! En fait, elles souhaitaient juste aller aux toilettes.

Elles sortent de la bibliothèque mais pas bien loin puisque je les entends rigoler et pouffer comme on le fait souvent à leur âge. Quand tout à coup, j’ai une envie de riz… Là aussi, la connexion cérébrale se fait lentement. Et je finis pas comprendre, l’une d’elle chante l’aria de La Reine de La Nuit de La Flûte Enchantée.

Moi aussi à son âge je m’essayais à le sortir cet air, en poussant ignominieusement sur mes cordes vocales. Tout ça parce que je l’entendais fréquemment à la télé dans la pub Taureau Ailé (d’où l’envie de riz…) mais à ma connaissance, cet air n’est pas utilisé actuellement en publicité… Je me demande bien où elle a pu l’entendre…

20:29 Publié dans Boulot boulot | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : bibliothèque, usager |

15 juin 2009

Das Kapital

Das Kapital.jpgDas Kapital de Viken Berberian paru en 2009 chez Gallmeister « Americana ».

En Corse, un homme se retrouve au chômage. Il travaillait dans une exploitation forestière pour une entreprise locale à portée internationale spécialisée dans le papier et ses dérivés. Mais ce travail va à l’encontre de ses valeurs : c'est un écologiste élevé par des parents situationnistes, il est contre la déforestation et se méfie de la mondialisation.
À New York, Wayne est gestionnaire d’un "hedge fund". Cet homme, complètement absorbé par son travail, aime lire – c’est très ironique – des passages du Capital de Karl Marx après avoir consulté ses actifs en Bourse. Son "hedge fund", Empiricus Kapital, a la particularité de jouer sur les marchés en baisse. C'est-à-dire que plus les cours sont bas et l’économie morose, plus il gagne de l’argent.
Ayant perdu son emploi à cause d’Empiricus Kapital qui, en vendant les l’actions de l’entreprise de papier a incité tout le monde à le faire et a obligé les propriétaires à dégraisser la masse salariale, le Corse se rend à New York pour demander à Wayne de l’engager.
Hasard le la vie (en l’occurrence, du récit), une femme se mettra, bien malgré elle, entre les deux hommes. Alix est une jeune étudiante en architecture, pensant son nouvel amant féru d’architecture, elle lui envoie des dessins détaillés de différents bâtiments mondiaux. Wayne envoie ces dessins au Corse car la tâche de cet homme finit par se dessiner peu à peu : Wayne, lassé d’attendre (et d’espérer) voir chuter la Bourse décide d’intervenir en fomentant des attentats un peu partout dans le monde.

C’est un roman surprenant à lire surtout dans le contexte de la crise financière et économique actuel.

L'alliance de ces deux hommes aux valeurs complètement opposées, l’un est ultra capitaliste, l’autre, écologiste radical, apparaît contre-nature et seule Alix, qui aime tant se balader sur les toits des immeubles pour en admirer les structures, semble être un point d’équilibre entre les deux. Mais quand l’un de ces deux hommes comprendra les liens intimes entre Alix et son rival, la balance sera déséquilibrée et la destruction imminente.

Un extrait :
« Pourquoi les dictionnaires étaient-ils de plus en plus gros d’ailleurs ? Des mots nouveaux surgissaient tous les jours pour décrire le même vieux monde. Des mots comme gouvernance, anxiosphère et modalité. Les gens parlaient de bonne gouvernance, de gouvernance à plusieurs niveaux, ou de gouvernance proactive, mais que voulait dire tout ça alors qu’elle n’arrivait pas à trouver un travail à mi-temps, quand ses allocations logement diminuaient chaque année comme s’il existait une mystérieuse corrélation entre les chèques de plus en plus petits qu’elle recevait et les dictionnaires toujours plus épais ? Il y a cinquante ans, à en croire une édition épuisée du Larousse, le monde était constitué de quarante-sept mille mots. Aujourd’hui, il en contenait cinquante mille. Même si certains étaient tombés en désuétude, le taux de rétention demeurait élevé, si bien que les mots s’accumulaient les uns sur les autres, expliquant, définissant, amplifiant, éclairant, élucidant, édifiant et réinventant une réalité en perpétuelle expansion, obsédée par sa propre dilatation. Mais pour Alix, le monde rétrécissait, comme si certaines significations avaient basculé dans le vide entre espace et science. »

23:49 Publié dans Livre | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : littérature américaine |