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14 novembre 2006

Chick lit'

Je me décide enfin à parler de ce genre que je consomme quand même pas mal depuis quelques années et dont je dresse une liste pour celles et ceux – enfin, vous comprendrez plus loin que c’est surtout « celles » qui s’imposent – qui ne le connaissent pas encore ou qui ont en juste vaguement entendu parlé. Et je tiens à remercier Estelle car sans elle j’aurais laissé ce post en projet !

Le magazine Lire en mai 2006 a consacré quelques articles sur la chick lit’ dans son numéro spécial sur les femmes et la littérature. Dans le monde des bibliothèques, une sorte de colloque va avoir lieu sur ce sujet en décembre : « Les dessus de la littérature populaire : Les témoignages trash, la vie des "peoples", la chick litt [sic]... la littérature populaire connaît un engouement qui ne se dément pas. Quels en sont les ressorts ? Comment les bibliothèques peuvent-elles répondre, aujourd'hui, à cet attrait pour les productions "grand public" ? ». Tout d’abord, je vais essayer de définir ce terme… Chick lit’ est un terme américain pour désigner la « chicken literature », soit, la « littérature de poulette », ce que moi j’appelle la « littérature de gonzesse » quand j’essaye d’en parler à des néophytes. La chick lit’ est écrit par des femmes, pour des femmes, avec une multitude de sous-genre comme la Christian Chick lit’ (chrétienne et donc sans alcool et sans sexe), la Mom lit’ (pour les mères de famille), la Teen lit’ (pour les ados), etc…

L’héroïne a généralement l’âge de ses lectrices, 20-30 ans, elle est majoritairement citadine, travaille dans la pub, la mode, l’édition ou encore la presse (écrite ou TV). Le genre apparaît au milieu des années 90 et est avant tout, anglo-saxon, c'est-à-dire soit américain (la première du genre est Candace Bushnell et les héroïnes sont alors très sexy, friquées et très fashion) soit anglais (Helen Fielding en est l’origine admise et là, les héroïnes pourraient être vos voisines de palier). Mais dans ma liste, vous allez en trouver d’autres pays ainsi que des romans écrits par des hommes ou encore, de la chick lit’ qui louche vers le roman policier (Sparkle Hayter, Lauren Henderson, Linda Howard) ou d’autres, plus sexy (Linda Howard, Linda Jaivin)…

La lectrice de chick lit’ partage les préoccupations des héroïnes : le boulot avec la collègue qui fait chier, les potins autour d’un café ou d’un verre avec les copines, les soucis de kilos en trop, le chocolat anti-déprime, les histoires sentimentales pourries et pourtant avec toujours l’espoir de trouver le Bon. Nous voilà donc au cœur du genre… Oui, dans la chick lit’, les filles cherchent leurs Princes Charmants (et le trouvent car cela doit bien se terminer). Malgré tout, rien à voir avec les romans à l’eau de rose classique du genre Barbara Cartland car dans ces romans, on parle cru, on rigole, on pleure, on fait des gaffes… Bref, tout ce que font des filles quand elles se retrouvent pour parler des – ou de leurs – mecs. Voilà pourquoi même si on ne connaît rien à la mode (Le Diable s’habille en Prada, Blonde attitude), même si on ne sait pas qui est Marc Jacobs, même si on ne sait pas ce que sont des Jimmy Choo ou pourquoi il est si important pour une « Bergdorf Blonde » d’avoir une robe de mariée Vera Wang, qu’on n’ouvre jamais un Elle ou un Cosmo, on peut quand même se plonger dans ce type de roman et apprécier le moment. Car leurs inquiétudes sont les nôtres, que l’on soit célibataire ou mariée avec enfant(s).

Le problème, c’est qu’en France, on prend ce genre de haut… depuis des années que j’en lis, je n’en parle que depuis peu (et là, je sors enfin du placard !). On n’en trouve un peu en bibliothèque, très peu dans les librairies «sérieuses » (chez Mollat, à Bordeaux, le rayon était caché près des caisses, vers la sortie). Dans ma bib, j’ai demandé à ce qu’on en achète plus car en discutant avec une jeune fille qui tient parfois l’épicerie à côté de chez moi, je me suis rendu compte qu’il y avait une vraie demande et pas que de ma part ! Les jeunes filles que la chick lit’ intéressent peuvent très bien ne lire que ça mais on peux, à travers ce genre, les amener vers de la chick lit’ plus littéraire (Melissa Bank, Lucia Etxebarria) et ensuite vers de la littérature féminine plus classique. D’autres, et c’est mon cas, en lisent de temps en temps, d’une certaine manière, c’est l’équivalent littéraire du pot de glace dévoré devant une comédie romantique à la télé (pour certaines de mes connaissances qui se reconnaîtront : Dirty Dancing !).

Les esprits chagrins trouveront ce genre superficiel et stupide, pour ma part, je le trouve divertissant, amusant et, d’une certaine façon, réconfortant. Je pense aussi qu’il se situe tout à fait dans une veine post-féministe. La femme d’aujourd’hui doit à la fois gérer sa vie professionnelle et personnelle avec ses idéaux romantiques et fleur bleue de petite fille qui a lu beaucoup de contes de fées.

Il existe désormais quelques maisons d’éditions qui se spécialise dans ce genre : Fleuve Noir surtout, un peu chez Belfond et en poche : Pocket et J’ai Lu. Et pour celles qui ont des mères abonnées à France Loisirs (comme la mienne), on en trouve aussi un peu dans la collection Piment. Et pour plus de renseignements sur les différents auteurs de ce genre, voici un site en français

22:55 Publié dans Lectures | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : littérature, blablabla, chick lit |

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