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09 avril 2007

Le veuvage de Sophie

medium_La_Nouvelle_vie_de_Sophie_S..jpg La Nouvelle vie de Sophie S. de Lolly Winston paru en 2006 chez Presses de la Cité.

Sophie Stanton, 36 ans, habite à San Jose, capitale de la Silicon Valley. Elle travaille comme attachée de presse et passe ses journées à vendre les mérites d’un patch à poser sur le scrotum pour pallier à un déficit de la fonction testiculaire. Un boulot chiant mais qui paye bien.

Sauf que Sophie est veuve depuis 3 mois (son mari est mort du cancer) et elle ne va pas bien. Pas bien du tout. Elle va à un groupe de soutien qui ne lui fait aucun bien. Elle subit les assauts de sa belle-mère qui la houspille pour qu’elle prenne « le taureau par les cornes », pour qu’elle « relève la tête bien haut ! » sur l’air du « Moi aussi je suis veuve et en plus je viens de perdre mon fils unique ! ».

Mais Sophie n’entend rien de tout cela. Elle se gave de gaufres et de crème glacée, se découvre un comportement obsessionnel compulsif et surtout, va au travail en robe de chambre et pantoufles petit-lapin, ce qui sonne le glas de sa carrière de yuppie.

Elle décide alors de vendre sa maison et partir à Ashland, petite bourgade de l’Oregon (enfin tout est relatif : 20 000 habitants, mais à côté des 900 000 de San Jose, c’est petit).

Ashland existe vraiment et est connu pour son festival Shakespeare annuel. C’est aussi un jeu de mot : ash = cendre et land = terre. Le mari de Sophie a été incinéré et ses cendres dispersées sur le rivage, cela la perturbe beaucoup à un moment, elle n’a pas de lieu où se recueillir. Dans cette ville, Sophie retrouve son amie de lycée, Ruth dont le mari s’est barré avec sa secrétaire la laissant avec sa petite fille.

Pendant ce temps, Sophie passe par toute les phases du deuil : le déni, la colère, la compensation et le but suprême à atteindre, l’acceptation. Mais cela ne va pas sans mal. Elle décide dans un premier temps de se trouver un logement, fantasme sur son thérapeute, puis sur son agent immobilier, s’inscrit dans un programme social « Grand frère/Grande sœur »… Sophie qui pensait avoir à s’occuper une fois par semaine d’une gentille petite fille à couettes avec qui elle jouerait aux lego et regarderait des Disney se retrouve avec une gamine de 13 ans, Crystal, une jeune fille agressive et solitaire, le mouton noir de son école dont la mère se préoccupe plus de ses propres petits copains successifs que du bien-être de sa fille.

Sophie doit donc apprendre à gérer sa propre douleur face à sa solitude mais aussi celle de Crystal qui s’automutile, celle de Ruth qui est très désabusée et de peur d’être seule, sort avec des loosers à la limite du débile profond et enfin, celle de Marion, sa belle-mère qui passe quelques jours chez elle avant de s’installer définitivement, en dépit de son début d'Alzheimer qui lui fait demander à tout le monde quand son fils revient.

Sophie trouve un petit boulot comme serveuse mais ce n’est pas un grand succès. Elle finit en cuisine, promut « salade girl » puis rapidement trouve la rémission en confectionnant des gâteaux.

Ce roman, dont les différents sujets sont assez douloureux, est surtout un très bon roman de chick lit’ qui trouve toujours le ton juste entre la comédie et la gravité. Lolly Winston ne manque pas d’humour et dépeint une héroïne attachante avec qui on progresse dans le travail de deuil.

Voici un extrait du roman :

« Voici ce qui arriverait dans un film : une femme célibataire décide de partir s’installer dans une bourgade de campagne pour refaire sa vie, et un bourlingueur aux allures de Sam Shepard – élancé et musclé, le menton fendu d’une fossette, la taille svelte prise dans un jean délavé – fait sa connaissance. Il possède un vieux pick-up Ford avec un bon gros labrador sur la banquette arrière, ainsi qu’un grand lit douillet avec des montants en cuivre et une immense couverture en mohair sous laquelle on voudrait rester blottie des jours entiers.
Et voici ce qui arrive dans la vraie vie : une femme célibataire décide de partir s’installer dans une bourgade de campagne pour refaire sa vie, et le professeur Nimbus – avec une haleine qui rappelle vaguement la caisse du chat et des doigts moites et boudinés comme des saucisses – fait sa connaissance. Malgré sa calvitie précoce, elle se dit qu’il pourra peut-être lui procurer la compagnie bon enfant dont elle a besoin, et que quelques petits airs de Mozart pourraient lui faire oublier momentanément ses soucis. »

Pour conclure, Julia Roberts a acheté les droits et devrait incessamment sous peu incarner Sophie au cinéma.

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Julia Roberts en octobre 2006 lors d’une conférence de presse sur la proposition 87 de Bill Clinton sur les énergies propres et alternatives.
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San Jose, Californie
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Ashland, Oregon

06:05 Publié dans Lectures | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : littérature américaine, chick lit, lolly winston |

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