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08 mai 2007

Trop de complots tue le complot

medium_La_Conjuration_du_troisieme_ciel.jpgLa Conjuration du Troisième Ciel de Leoni Giulio paru en 2007 chez 10/18 "Grands Détectives".

Une fois n’est pas coutume, voici une critique négative…

Je n’ai pas du tout aimé ce roman, mais alors pas du tout. Il a fallu que je me force pour arriver à la fin et connaître enfin le dénouement. Ce qui me rassure, c’est que je ne suis pas la seule à avoir galéré dessus. Vous verrez ici et des personnes qui en ont abandonné la lecture. Ils sont sûrement plus malins que moi car la seule chose que ce roman m’ait apportée c’est de l’agacement et j’en ai râlé pendant deux jours.

L’histoire est assez bateau : des meurtres mystérieux, une société secrète, une période historique troublée, blablabla.

Une chose pourtant m’avait l’air prometteur : le héros est Dante, l’écrivain de la Divine Comédie dont j’avais tant aimé la lecture. Mais si on se fie à Giulio Leoni, Dante était un connard de première, imbu de lui-même, odieux avec tout le monde et surtout, avec un côté censeur tout à fait déplaisant :

« Dante s’immobilisait à chaque coin de ruelle, guettant le pas cadencé de la ronde. Mais le quartier semblait plongé dans un silence que seuls brisaient des éclats de rire, des petits cris, des murmures provenant des fenêtres. Il frémissait, scandalisé par les mœurs qu’il découvrait dans sa ville. »

Et pourtant dans sa jeunesse :

« De nouveau, son sang bouillonnait, comme à l’époque où il sévissait avec Guido Cavalcanti dans les nuits florentines, à la chasse aux jeunes épouses de vieux maris. »

Les mendiants de la ville l’insupportent (pour la charité chrétienne, c’est pas à lui qu’il faut demander !) :

« La grande cour carrée, bordée d’arcades, fourmillait d’hommes et de femmes, qui se bousculaient dans l’attente d’on ne savait quoi. Le poète se ménagea à grand-peine un passage vers l’escalier en s’efforçant de ne pas froisser ses vêtements. Il ne put s’empêcher de maudire les ordonnances de justice qui lui interdisaient de chasser cette racaille. »

Si on se fie aux portraits posthumes de Dante, c’est vrai qu’il a pas la tête d’un joyeux drille mais y’a de la marge entre un homme sérieux et réfléchi et un enfoiré que l’on a envie de baffer à chaque page ou presque !

medium_Divina_Commedia.jpg
Fresque de Domenico de Michelino, Dante expliquant la Divine Comédie, 1465, Cathédrale (Duomo) de Florence

medium_Portrait_de_Dante.jpg
Sandro Botticelli, Portrait de Dante, vers 1495

medium_dante1.jpg
Fresque de Raphaël, La Dispute du Saint-Sacrement, 1509-1510, Le Vatican à Rome

Bon, je vais quand même vous faire un résumé de l’histoire et vous donnez également le dénouement (pour tous ceux qui l’aurait lâché en cours de route et qui se demande quand même où tout ce bastringue allait les mener).

Dante travaille pour la commune de Florence. Il est chargé de résoudre le meurtre d’un mosaïste qui a eu lieu dans une église où celui-ci travaillait. Le meurtre est assez dégueu, avec signes cabalistiques et compagnie, pour fiche la trouille à tout le monde. L’homme appartenait à un cercle d’érudits, ces hommes voulaient créer une université à Florence dans cette église. Dans ce cercle, il y a de tout, un apothicaire, un religieux hérésiarque, un poète… et gravite autour une femme mystérieuse et envoûtante qui refait le sketch de la danse des sept voiles façon Salomé. Ces érudits sont liés au Pape Boniface VII qui chercherait à investir la ville de Florence qui est un peu trop indépendante à son goût. Dante déteste ce Pape et ses sbires et fera tout pour défendre sa cité. Mais ces érudits ont un grand secret, un truc énorme que personne ne doit savoir, un truc que le Pape veut absolument récupérer…

Texte qui suit à surligner si vous voulez connaître la fin !!!

Le mosaïste et un autre type, l’apothicaire, ont été tué pour protéger le secret des Templiers (oui, encore ! On peut pas lire un roman historique en ce moment, sans qu’il y ait des Templiers qui traînent). Ils ont découvert… roulement de tambour… l’Amérique ! Et oui, en 1294, les Templiers ont découvert l’Amérique, 198 ans avant Christophe Colomb. C’est fou non ? En plus, l’auteur est si astucieux, vous avez vu les dates : 1294, 1492 ? Il a juste eu à changer de place un chiffre ! Quel gros malin !!! Donc, pour résumer, y’a pas d’or des Templiers, l’or vient de l’Eldorado américain. Ah oui, la gonzesse si étrange vient de là aussi. Et leur secret si bien gardé, c’est des cartes maritimes avec les courants, les ports, les durées de voyage…
Voilà un roman bien inutile dans n'importe quelle bibliothèque, privée ou publique.

À ceux qui voudront le lire malgré tout : bon courage. Mais qui sait, il peut-être vous plaire plus qu'à moi !

18:35 Publié dans Lectures | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : littérature italienne, roman historique, roman policier, leoni giulio |

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