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26 novembre 2007

Jessica

b740f6d9796a81157f9dc7859555ed1b.jpgJessica de Bryce Courtenay paru en 2000 chez Jean-Claude Lattès.

Jessica Bergman est élevée comme un garçon par son père, immigrant danois. Cet homme s’est marié assez tardivement et n’a eu que deux filles, l’aînée est tout le temps fourrée avec sa mère, une femme issue de la classe moyenne commerçante et la cadette aide son père, supplantant au mieux le fils qu’il aurait souhaité avoir.

Cela se passe au début du 20ème siècle dans le bush de la Nouvelle-Galles du Sud, Australie. Joe Bergman est éleveur mais sa ferme est criblée de dettes, il travaille donc chaque année pour le propriétaire cossu du coin. Une année, il réussit à faire embaucher sa fille comme panseur-balayeur lors de la tonte. C’est un monde exclusivement masculin, brutal et violent. Jessica fait tout pour ne pas se faire remarquer et continuer ainsi à ramener sa paye à son père. Paye assez médiocre, elle est moins bien payée que les garçons pour le même travail (on peut dire que ce problème n’a pas beaucoup évolué depuis 1910...), à 14 ans, elle est vraiment dure à la tâche et Joe en est très fier :

« Je ne voudrais pas d’un garçon à sa place, monsieur. Ma fille vaut mille fois mieux qu’un gamin de son âge. »

Malheureusement, un drame arrive. Les autres arpètes des tondeurs n’apprécient pas du tout l’arrivée d’une fille qui plus est quand elle travaille beaucoup mieux qu’eux. Il la chahute et un des tondeurs avec qui elle travaille décide de leur donner une leçon qui tourne mal, il est gravement blessé suite à un traumatisme crânien et depuis est devenu le demeuré local. Mais Jessica ainsi que le fils du patron, Jack, le protège tant bien que mal. Billy dit le Simplet est désormais le souffre-douleur des femmes de la maisonnée, mère et sœurs de Jack, jusqu'au jour où pris d’un coup de folie, il les assassine. Billy se réfugie alors chez Jessica, seule dans la ferme familiale.

De peur que des hommes avinés, excités par le sang ne déboulent pour le lyncher, elle fait tout pour le conduire aux autorités dans l’espoir qu’il bénéficie d’un jugement équitable. Billy est pendu mais Jessica a continué à l'aider jusqu'au bout. Car c’est un personnage emprunt d’un sens très élevé du devoir et de la justice. Elle défend, à sa manière, touts les laisser-pour-compte dans ce territoire rude et sans pitié. L’amitié qu’elle porte au jeune fils du propriétaire terrien, désolé de n’avoir pu secourir son ami Billy et admiratif du courage de Jessica, se transforme peu à peu en amour.

Mais il y a un hic, la mère de Jessica fait tout pour qu’il se marie avec sa fille aînée, qu’elle considère comme parfaitement accomplie et mieux à même de diriger un grand domaine. Et puis cette femme a des ambitions démesurées, elle ne veut pas que sa fille chérie fasse un mauvais mariage comme le sien. Certes, son mari est fruste mais c’est un homme bon, plus âgé qu’elle, qu’elle finira par manipuler pour lui faire faire des choses qui vont à l’encontre de sa nature profonde.

Peu après, la famille se rend compte que Jessica est enceinte mais elle refuse de dire qui est le père. Ce suspense durera jusqu’à la fin du roman et fait que je n’ai pas lâché le livre avant de savoir enfin la vérité ! La mère intrigue pour isoler Jessica car elle craint l’opprobre sur sa famille. Jessica vit toute sa grossesse dans une cabane en plein bush au milieu de bestioles plutôt dangereuses. Une jeune aborigène l’aidera pour préparer son accouchement et le lien d’amitié entre les deux deviendra très solides.

Je ne vais pas vous dévoiler plus l’histoire mais juste finir sur un aspect de l’histoire australienne évoquée dans ce roman. Comme je vous l’ai dit, Jessica lutte de toutes ses forces contre l’injustice alors quand son amie aborigène se fait enlever ses enfants par le Service de Protection des Aborigènes et de Protection de l’Enfance, elle retrouve l’avocat de Billy le Simplet, un alcoolique notoire, qu’elle et Mary désintoxique pour qu’il les aide.

Les quatre filles de Mary lui ont été retirées sous prétexte qu’en tant qu’Aborigène, c’est une mauvaise mère. On lui a fait signé un papier alors qu’elle ne sait ni lire et écrire. L’avocat explique que cette loi, toute récente (en 1915) a pour but de forcer l’assimilation des autochtones avec les Blancs. On retire ainsi à leur mère les filles principalement, souvent métis, pour qu’elle se fasse engrosser par le premier Blanc venu et qu’ainsi leurs enfants deviennent de plus en plus blanc (encore une utilisation de la génétique à des fins raciales…).

Ces enfants n’ont plus aucun contact avec des membres de leur famille, s’ils sont suffisamment clairs de peau ils sont adoptés par des familles en mal d’enfants et quand ils ne le sont pas assez, ils servent de main d’œuvre, corvéables à merci. Mary gagne le procès contre les services sociaux et peu ainsi récupérer ses deux aînées mais ses bébés sont adoptés depuis tellement longtemps qu’ils ne la reconnaissent pas et, la mort dans l’âme, elle cède ses droits sur eux totalement puisque les deux fillettes sont adoptés par de bons parents aimants. Cette pratique horrible, nous sommes tous d’accord, a pourtant perdurée jusque dans les années 60… Un dernier détail à propos de ce roman : il est inspiré par une histoire vraie.

Ce qui m’a plu dans ce roman hormis le suspense pour savoir qui est le père de Jessica, c’est que c’est une vraie héroïne courageuse et volontaire. Elle est fidèle en amitié même envers le plus pouilleux des humains. Allant au-delà des apparences, elle reconnaît les êtres humains pour ce qu’ils sont : des gens lâches et vils mais socialement acceptables ou des gens nobles et courageux mais misérables et donc rejetés.

Bien sûr, certains pourraient y voir une sorte de manichéisme, mais l’auteur est plus subtil que cela, de même, certains critiques reproche à Bryce Courtenay de faire des répétitions. N’ayant lu que ce seul roman de lui, je ne peux pas dire si c’est une manie ou si c’est voulu, cependant, je pencherait pour la répétition volontaire car par certains côtés, la vie de Jessica ressemble à un conte. Un conte, pas forcément de fées, mais comme vous le savez sûrement, la répétition est très importante dans tous conte qui se respecte.

Le roman a été adapté à la télévision et a été diffusé par M6 le 28 mai 2007 (je l’ai pas vu).

L’auteur est sud-africain de naissance mais vit en Australie. J’ai lu peu de romanciers australiens – Peter Carey (sur Amazon), Janette Turner Hospital (sur Amazon) et Arthur Upfield (sur Amazon). La littérature australienne, c’est un peu la terra incognita de la littérature de langue anglaise étouffée comme elle est par la production littéraire américaine. Elle est peu connue et, c’est ma fois, bien dommage. Voici quelques sites où vous trouverez les noms de différents auteurs australiens (ici, ou encore ici). Il est à noter qu’une table ronde sur la littérature australienne s’est tenue l’année dernière à la BnF et qu’il existe une base de données sur ce sujet, AusLit pour Australian Literature qui n’est pas totalement accessible au grand public mais disponible à la bibliothèque de l’université de Paris 3.

23:25 Publié dans Lectures | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : littérature australienne, roman historique, bryce courtenay |

16 novembre 2007

Plaisir d'offrir, joie de recevoir !

John Travolta qui, accessoirement, devrait revoir le brushing de ses implants capillaires :
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a remis un prix à Kirk Douglas :
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Il est tellement content de voir Kirk, le John (il devait penser comme moi que Kirk Douglas était mort) qu'il lui fait un gros poutou (pas top baveux j'ose espérer !) :
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Notez l'air surpris de Kirk (il a les yeux tout écarquillé, il doit se demander ce qu'il a fait pour mériter un tel châtiment le pauvre) !

20:18 Publié dans Paillettes | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : potins, people, john travolta, kirk douglas |

Mireille Darc revival...

Heidi Klum, épouse de Seal avec qui elle pousse la chansonnette de temps en temps quand elle ne défile pas pour Victoria's Secret, a fait une tentative vestimentaire qui me laisse pantoise...
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Oui, je sais ce que vous vous dites... une mini-robe à paillettes avec un imprimé multicolore, c'est pas des plus élégant !
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Mais ça, c'est l'effet kiskool de la robe ! Ça vous rappelle pas quelques chose ? Mais si, souvenez-vous : Mireille Darc dans Le grand blond avec une chaussure noire :
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C'est là que l'on constate qu'une robe osée est beaucoup plus chic et sexy quand elle est noire que quand elle est bariolée. Bariolée, ça fait un peu pute...

20:00 Publié dans Paillettes | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : potins, people, heidi klum |

Aquarelles

Deux aquarelles ajoutées à l'album « Gribouillage ».

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00:00 Publié dans Moi je moi-même | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : gribouillage |

14 novembre 2007

Le moment Hugh de la semaine

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06:10 Publié dans Paillettes | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : potins, people, hugh jackman |

13 novembre 2007

Oups !

En voilà une qui aurait mieux fait de vérifier deux-trois trucs avant de parader devant les photographes !

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Même image mais en zoomant :
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11:05 Publié dans Paillettes | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : potins, people, paris hilton |

05 novembre 2007

L’essence de l’adolescence

0442a39b3c4ff45e46c3c620007c6aff.jpgCampus de Curtis Sittenfeld paru en 2007 chez Presses de la Cité.

Lee Fiora a quatorze ans quand elle rentre dans un pensionnat huppé de la côte est des États-unis, quittant sa famille et l’Indiana. C’est une très bonne élève qui souhaite faire partie d’un monde élitiste et fermé, celui des fils et filles de bonnes familles, des « banquiers », ceux qui vont en vacances dans les endroits chics et classes, bref, des familles très « Kennedy ».

Lee est boursière, sa famille est plutôt classe moyenne inférieure. Tout de suite, elle se sent donc en décalage avec ses camarades de classe. Elle les observe beaucoup, se mettant délibérément en retrait tout en souhaitant être comme eux.

Petit à petit, elle arrive à se lier d’amitié avec quelques camarades, une jeune coréenne, une jeune fille d’origine mexicaine qui est en fait la fille d’un magnat du pétrole et finalement Martha, issue d’une famille riche bien sûr mais quand même moins que certains. Sa scolarité ne se fait pas sans heurt car si elle était première de sa classe et chouchoutée par ses profs dans sa ville natale, ce n’est pas la même chose dans cette école privée à l’enseignement de qualité. Alors elle surnage, se confortant dans sa transparence. Vivant les émois de toutes jeunes filles du même âge, les coup de foudre, les trahisons tout en étant pensionnaire et se détachant de sa famille car elle se sent différente.

Le récit est construit selon les saisons et nous suivons Lee de son entrée en 3ème jusqu’en terminale et à la remise du diplôme. Le titre français est assez mal choisi puisqu’un campus fait penser aux études supérieurs et pourrait laisser croire que le sujet du livre est le même que celui de Tom Wolfe dans Moi, Charlotte Simmons or ce n’est pas du tout le cas. L’histoire de Curtis Sittenfeld se passe dans une « Prep’ School », une école « préparatoire » un peu comme nos pensionnats sélect et traditionnels.

Curtis Sittenfeld est elle-même allée à Groton lorsqu’elle était jeune, elle connaît bien ces écoles privées mais plus qu’une diatribe sur un système qui glorifie les élites, Campus est le roman d’une adolescence un peu troublée. Troublée par l’éloignement familial, par les sentiments et les sensations somme toute assez communs à tous les adolescents. Lee est une adolescente comme tant d’autres mais évolue dans un cadre particulier où les bouleversements propres à l’adolescence n’en sont que plus forts.

Campus est un premier roman à l’écriture maîtrisée et au récit fluide que j’ai trouvé enthousiasmant et plus universel que ne l’est le roman de Tom Wolfe.

23:10 Publié dans Lectures | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : littérature américaine, curtis sittenfeld |