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21 juillet 2008

Alors, il est arrivé ?

Prenons une dame d’âge mûr, appelons-la Madame X, qui désire absolument lire un livre en particulier, disons « Les Aventures de Poupinou le petit lapin » mais comme ce livre a obtenu le Prix du Potager 2007, il est très demandé et Madame X est sur liste d’attente.

Enfin, il ne reste plus qu’une personne avant d’obtenir cet ouvrage tant attendu. Madame X est tellement impatiente de le lire qu’elle demande chaque semaine : « Alors, il est arrivé ? » et ce avant même de dire « bonjour » ou « comment allez-vous ? » (non pas qu’elle est vraiment l’habitude d’utiliser ce genre de petite civilité qui vous font vous sentir un peu plus humain et moins crotte-de-chien-sous-la-semelle). Et pourtant, on lui a promis, à Madame X, qu’on l’appellerais dès que le livre aurait été déposé sur la banque de prêt, même qu’on a juré craché sur Le Métier de bibliothécaire (édition Cercle de la Librairie, 40 € et disponible en librairie si vous le demander gentiment à votre libraire préféré). Mais non… Toutes les semaines ou presque (et là exagération délibérée de l’auteur de ces lignes), elle demande : « Alors, il est arrivé ? ».

Et là, c’est le drame. La personne qui l’a emprunté avant Madame X a trois jours de retard puis, une semaine après, le prêt de cette personne a été prolongé… jusqu’à la rentrée. La bibliothécaire dans sa naïveté et inconsciente du désastre que ses mots vont provoquer chez Madame X lui annonce la mauvaise nouvelle : « La personne est en retard. On vous appelle dès que le livre arrive. » et l’estocade : « Le livre a été prolongé, vous l’aurez début septembre. » « COMMENT ?!?! Mais vous ne faite rien ? Vous allez lui demander de ramener le livre, quand même ? Les gens sont d’un sans-gêne, c’est pas possible ! Ce livre est si petit, il se lit si vite ! ». Et de se mettre à ruminer : « C’est vraiment la chienlit ici depuis quelques temps ! Déjà qu’avec les travaux devant, on est obligé de faire un détour pour venir (intervention de moi : le détour fait moins de 300m) et en plus y’a personne ! Et ils ont coupé les arbres pour construire le machin du maire, il veut bétonner partout celui-là ! En plus, je me suis fait insulter par une Noire, elle m’a traité de "sale sorcière" ! Vous vous rendez compte ? Y’en a marre de ces gens-là !!! ».

Que fait la bibliothécaire devant ce typhon de récrimination et de bile ? Deux choix s’offrent à elle. Soit elle se pare de son sourire tout-terrain genre je fais un casting pour une pub de marque de dentifrice soit elle attrape le premier Citadelles & Mazenod venu (plus de 2 kilos) et lui balance à la tronche. Ça, c’est ce que j’ai eu envie de faire. Très très très fort. Mais en vrai, j’ai sorti mon sourire Colgate et ai attendu que Madame X me tourne le dos pour lui faire des grimaces et hurler en silence. SUPER mature comme comportement… mais qu’est-ce que ça soulage !

06:26 Publié dans Boulot boulot | Lien permanent | Commentaires (2) | Tags : bibliothèque, bibliothécaire, usager |

Commentaires

D'un autre côté, prolonger un livre en retard sur lequel il y a une réservation...

... c'est parjurer le Métier de bibliothécaire. ;)

Écrit par : B&C | 22 juillet 2008

Comme dans toutes les religions du Livre, les bibliothécaires aussi commettent des péchés. :)

Écrit par : Callyrhoé | 23 juillet 2008

Les commentaires sont fermés.