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04 septembre 2008

De la proximité et de ses désagréments

Il y a bien des avantages à habiter tout près de son lieu de travail : on n’a pas de transport à se coltiner donc on se lève plus tard, on peut rentrer manger chez soi le midi… Mais cette proximité à un prix ! Voici en détail, ce que vit une bibliothécaire quand elle travaille à 5 min à pied de chez elle :

• Quand je suis en retard, je ne peux pas dire « Le train était sacrément à la bourre, quelqu’un a dû tirer le signal d’alarme… » ou « Il y a une grève surprise à la SNCF ! » ou encore « Mon Dieu, j’ai eu de ces embouteillages ! J’ai jamais vu ça ! ».

• Je croise tout le temps des usagers et je finis par dire bonjour à tout le monde. Même à ce type bizarre qui traîne dans la rue avec ces yeux de mérou « Ah, punaise ! C’est pas moi qu’il salue mais mes nichons !!! ».

• Non seulement je dis bonjour à tous les usagers (et aux autres, dans le doute) mais je me retrouve à donner les horaires d’ouverture de la bibliothèque quand je vais  acheter mon pain ou que je fais les courses au supermarché.

• Si je suis invitée le week-end à un barbecue chez des gens qui habitent la ville, je peux me retrouver face à des lecteurs ou des parents de lecteurs indélicats qui en ont gros sur la patate de la bibliothèque et de ses bibliothécaires « Ah bon ? On vous réclame des livres en retard depuis x mois… et vous dites les avoir rendu ?... Bon, ben, je vais vérifier ça quand je reprendrais le boulot… C’est quoi votre nom déjà ?... Non, mais… vous avez bien vérifié chez vous si les livres n’étaient pas cachés dans un coin ?... Ah ? Vous êtes sûr sûr de les avoir rendu ?... Des jean-foutre les bibliothécaires ?… non, quand même pas… c’est peut-être une erreur… vous savez ce que c’est l’informatique !... Et sinon, je peux avoir le sel s’il vous plaît ? ».

• Dans la rue, les enfants viennent vers moi et me suivent. Mon charisme naturel ? Non, je suis la bibliothécaire et je me dois d’avoir toutes les réponses à toutes les questions « Madame ! Madame ! J’ai envie de faire pipi ! Où c’est que je vais ? », « Dis Madame, je peux avoir Naruto s’il te plaît ? » ou encore « Madame ! Tu vas où là ? Tu vas travailler à la bibliothèque ? ».

• Quand je rentre chez moi, je suis sur mes gardes. Croiser un usager, ça, je le gère mais je préfèrerais que certains ne sachent pas où j’habite comme ce lecteur qui entend des voix qui lui ordonne de faire des trucs, comme celui qui rigole comme une hyène pour rien ou encore comme ce passionné de Sade qui m’a si courtoisement hurler d’aller me faire foutre quand j’ai eu le malheur de lui faire remarquer que Justine ou les malheurs de la vertu n’était pas waterproof. Tout cela donne lieu à des scènes dignes d’un polar : moi, me réfugiant dans un magasin, me planquant derrière une étagère tout en conservant l’air digne qui sied à une fonctionnaire territoriale « Oh ! En voilà une belle tirelire en forme de dauphin… et là, un service en porcelaine irisée, j’en rêvais ! », en attendant que l’usager en question s’éloigne pour pouvoir, enfin, me terrer chez moi.

 

Pour l’instant, la seule chose qui semble manquer à cet inventaire, c’est le lecteur qui sonne à ma porte, me tend son sac de livres de la bibliothèque et me balance : « Comme vous allez à la bibliothèque tous les jours, voici mes livres. Moi, j’ai pas le temps d’y passer ! ».

20:33 Publié dans Boulot boulot | Lien permanent | Commentaires (2) | Tags : bibliothécaire, usager |

Commentaires

Chouette, le retour de la bibliothécaire parano - mais qui a des raisons pour l'être :D
Je confirme, ayant testé les deux, qu'il est bien plus confortable d'habiter ailleurs et d'aller tranquillement à sa bibliothèque municipale en tant que lectrice...

Écrit par : Marie | 05 septembre 2008

Comment ça ?!? Parano ? Moi ? Mais pas du tout, du tout ;o)
Bon allez, j'avoue... juste un peu quand même !
Mais c'est pas ma faute, c'est les usagers qui font rien qu'à m'embêter, quand je suis en dehors de la bibliothèque par dessus le marché, c'est un comble tout de même ! :o)

Écrit par : Callyrhoé | 09 septembre 2008

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