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27 mai 2009

Qui a tué l’ayatollah Kanuni ?

Qui a tué l'ayatollah Kanuni.jpgQui a tué l’ayatollah Kanuni ? de Naïri Nahapétian paru en 2009 chez Liana Levi.

2005, à Téhéran. Narek Djamshid est un jeune journaliste free-lance d’origine iranienne. C’est son premier voyage en Iran depuis que son père et lui ont quitté le pays pour s’installer en France après la mort de la mère de Narek lorsqu’il était encore enfant. Narek a fait le voyage pour couvrir les élections présidentielles et c’est ainsi qu’il fait la rencontre de Leila Tabihi, la fille d’un ayatollah très respecté mais aussi femme politique féministe qui tente de se présenter aux élections.

C’est en accompagnant Leila au Palais de Justice que les ennuis commencent. Sur place, ils découvrent le cadavre de l’ayatollah Kanuni et Narek est très rapidement suspecté et emmené en prison. Leila réussit à faire sortir le jeune homme mais ses passeports français et iranien lui sont confisqués. Narek est désormais coincé en Iran pour une raison que ni lui ni Leila ne doivent évoquer. La mort de Kanuni doit restée secrète. Pour aider Narek, Leila commence à enquêter et examine les différentes pistes qui s’offrent à elle. L’ayatollah a-t-il été assassiné par les Moudjahiddines du Peuple ? Par un rival de sa propre faction ? Pour une affaire de corruption ?

L’intrigue policière s’avère vite être secondaire dans ce roman. Finalement, peu importe qui a tué cet ayatollah. L’auteur évoque surtout la société iranienne contemporaine, ses contradictions, ses arrangements avec la loi islamique notamment chez les jeunes à travers leurs vêtements, leurs hobbies, leurs goûts pour les nouvelles technologies.

Dans le roman, Narek va à la rencontre de jeunes étudiants iraniens et constate qu’ils se désintéressent complètement de la future élection car pour eux, rien ne changera, que le président soit un progressiste ou un conservateur. Ils sont tellement intrigués par Narek qu’ils le noient sous les questions du type « C’est comment la liberté ? » comme on demanderais à quelqu’un « C’est comment Pornic en été ? ».

L’autre intérêt du roman est la description de la vie politique iranienne dont la subtilité échappe à l’observateur occidental. D’ailleurs, Narek s’y perd ! Parmi les principaux protagonistes de cette histoire, il y a Leila, féministe mais aussi traditionaliste, attachée aux valeurs de la Révolution islamique et Mirza, un vieux beau laïc, opposant de longue date à cette même révolution et qui vit sur la fortune de son sa jet-setteuse d’épouse…

Un roman qui n’a de policier que le nom mais instructif pour qui s’intéresse à l’Iran.
Imam Khomeini.jpg
Imam Khomeini de Kamshots

19:07 Publié dans Lectures | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : littérature iranienne, roman policier, naïri nahapétian |

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