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02 juillet 2009

Dans la ville des veuves intrépides

Dans la ville des veuves intrépides.jpgDans la ville des veuves intrépides de James Cañon paru en 2008 chez Belfond.

Colombie, dans les années 90. Au fin fond du pays, se trouve une petite bourgade dont la tranquillité est ravagée par l’arrivée de guérilleros errants. Après avoir demandé aux habitants de leur offrir argent et nourriture pour soutenir leur révolution et constatant que tout le monde se claquemure chez soi, les guérilleros passent à l’action. Ils défoncent les portes de chaque maison du village pour récupérer le maximum de choses, enlèvent tous les hommes de plus de 12 ans et massacrent tous ceux qui se rebellent.

Les femmes se retrouvent alors seules. Hormis les enfants, il ne reste que trois hommes : Julio qui, déguisé en fille par sa mère, échappant de peu au viol, est tellement traumatisé qu’il refusera de parler et ne s’habillera plus qu’en femme ; Santiago dont le grand amour, Pablo, décédera dans ses bras et sera alors surnommé par les femmes « L’Autre Veuve » et le curé.

Les veuves, envahies par leur chagrin, laisseront le village péricliter. Seule Rosalba, la veuve du brigadier, essaye tant bien que mal de réagir en se faisant nommer maire. Peu à peu, le village renaît tout en étant traversé par différentes crises : comment faire pour que la communauté survive sans homme ; que faire quand la seule horloge du village s’arrête et que tout le monde se met à vivre à son propre rythme, chacun ayant son calcul personnel du passage du temps bouleversant ainsi la cohésion sociale des habitants. Rosalba soit aussi gérer la rébellion des femmes les plus aisées, celles qui possèdent du bétail, quand elle décide de promulguer un arrêté pour que toutes les ressources soient mises en commun et que chacun puisse vivre décemment.

La communauté sera aussi mise à rude épreuve lors du retour de certains hommes enlevés par les guérilleros plusieurs années plus tard. Ils découvrent avec stupeur les femmes complètement autonomes et vivant en autarcie, ayant reconstruit une communauté sur de nouvelles bases que les hommes auront du mal à accepter.

Entre les chapitres consacrés à une ou plusieurs personnes du village, on peut lire des interviews d’homme pris par cette guerre qui n’a pas de nom. Ces hommes, qu’ils soient guérilleros, militaires ou paramilitaires, racontent à un journaliste comment ils la vivent, qui ils étaient avant et, surtout, qui ils sont devenus face aux horreurs de cette guerre.

Un roman foisonnant et très dépaysant avec de nombreux personnages et une intrigue très riche qui permet à l'auteur  de développer de nombreux thèmes. L’écriture est très agréable et l’histoire baroque à souhait, souvent violente et dure mais non exempt d’humour. C’est beau, émouvant, coloré et, à mes yeux, mérite son Prix du Premier Roman étranger décerné en 2008
Guatapé - Antioquia.jpg
Guatapé – Antioquia de laloking97

11:34 Publié dans Lectures | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : littérature colombienne, james cañon |

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