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07 juin 2010

La Tétralogie du Yorshire

La Tétralogie du Yorshire de David Peace paru en 2004, 2005, 2006 et 2008 chez Rivages.

Décembre 1974. A deux semaines de Noël, une petite fille de 10 ans, Clare Kemplay, disparait alors qu’elle rentre de l’école. Edward Dunford, journaliste néophyte et maladroit, est chargé de couvrir l’affaire. Rapidement, il fait le parallèle entre d’autres disparitions de fillettes plusieurs années auparavant quand le corps de Clare est retrouvé sur un chantier.

Ce qui est au départ une banale enquête sur un fait divers local, se révèle être une affaire qui met en lumière la corruption, les collusions entre élus, policiers et hommes d’affaires.

Juin 1977. On découvre les cadavres de plusieurs prostituées. Bob Fraser, un des rares flics honnêtes de la police locale et Jack Whitehead, journaliste, enquêtent chacun de leur côté pour retrouver celui que la presse a surnommé l’Éventreur du Yorkshire.

Ces deux narrateurs de ce roman étaient des personnages secondaires de 1974. Dans 1977, on les suit lors de leurs investigations ou dans leur vie privée, hantée chacun par leurs démons. Bob est amoureux d’une prostituée alors qu’il est marié, il cherche à tout pris à coffrer l’Éventreur pour la protéger. Jack est tourmenté par une ancienne affaire qui le touche de près. Chacun va approcher de la vérité mais cette vérité est bien dangereuse.

Peter Hunter est chargé de mener une enquête impartiale, avec l’aide des meilleurs agents de son service, sur les meurtres de l’Éventreur du Yorkshire et la façon dont ont été conduites les investigations jusque-là. Sa venue dans le commissariat qui centralise l’affaire est peu appréciée car l’homme est craint par les flics corrompus locaux. Très vite, on l’empêche de mener son enquête en salissant sa réputation pourtant irréprochable.

Alors que cette entreprise de démolition a lieu, l’Éventreur est enfin arrêté suite à un coup de chance incroyable.

Quelques semaines avant l’élection que remportera Margaret Thatcher, une petite fille d’une dizaine d’années, Hazel, est enlevée au même endroit que Claire en 1974. Mais faire le rapprochement entre les deux événements serait pour la police un aveu d’échec surtout qu’ils sont persuadés d’avoir trouvé le meurtrier de Clare, cela risquerait de relancer l’enquête sur ce meurtre en particulier et sur les disparitions de fillettes des années auparavant.

Deux narrateurs à ce roman : Maurice Jobson, un policier croisé dans les romans précédents et John Piggett, un avocat engagé par la mère de Michael Myshkin, l’assassin présumé de Clare, pour son procès en appel. Par flashbacks, ces deux personnages démêlent les nœuds de ces affaires qui s’imbriquent les unes dans les autres pour parvenir à ce que j’attendais avec tant d’impatience : la vérité.

David Peace évoque la pauvreté, la misère sociale dans cette région ouvrière que la récession décime totalement. On y retrouve le racisme ordinaire qui génère des émeutes raciales ou des expéditions punitives contre des étrangers. On y constate aussi la violence de la police qui est censée protéger le citoyen le plus faible et où interrogatoire rime toujours avec torture si on fait partit des défavorisés, des laissés-pour-compte. Cette police, souvent de mèche avec les notables avec qui ils partagent des mœurs répréhensibles et leur inhumanité.

Sans misérabilisme, l’auteur évoque surtout la profonde solitude de ses héros dans un contexte inquiétant, dramatique et une ambiance oppressante, étouffante. David Peace excelle à rendre cette noirceur de l’âme humaine avec son style haché et tendu.

Quatre romans éprouvants et admirables, du polar noir de chez noir qui hante le lecteur pendant quelques temps.
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On The Bridge de rofanator

16:35 Publié dans Lectures | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : littérature britannique, roman policier, david peace |

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