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29 mai 2010

Semper Augustus

Semper Augustus.jpgSemper Augustus de Olivier Bleys paru en 2008 chez Folio.

Hollande, 1635. Cornelis Van Deruick, un marchand de drap d’Haarlem décide de quitter les Provinces pour chercher fortune au Brésil.
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Gerrit Adriaensz. Berckheyde, Le grand marché d’Haarlem, 1673.

Il laisse derrière lui ses quatre enfants : deux garçons et deux filles dont l’aîné à une vingtaine d’années. Avant de partir, le père confie à Wilhem une lettre pour un bourgeois qui lui doit une faveur, il lui demande de prendre son fils sous sa protection. Cet homme très riche s’exécute et initie Wilhem à la vente de bulbes de tulipes. À cette période, certains bulbes valaient une fortune et Wilhem se laisse griser par cet argent facile à gagner. Mais Paulhus van Bereysten ne fait pas dans la philanthropie. S’il s’occupe de Wilhem et de sa famille, proposant même que son fils épouse une des sœurs de Wilhem, c’est parce que cet homme convoite deux chose : la vertu de Wilhem et sa demeure.

Un roman historique de qualité sur la « tulipomanie » qui, selon certains économistes, serait le modèle précurseur des bulles spéculatives de notre époque.

J’ai trouvé ce roman très intéressant mais aussi particulièrement captivant car l’auteur sait brillamment décrire l’ambiance et l’atmosphère de l’époque en utilisant un style qui l’évoque sans être ampoulé.
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Jacob Marrel, Page d’un livre sur les tulipes, 1640

11:42 Publié dans Lectures | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : littérature française, roman historique, olivier bleys |

26 mai 2010

La Centrale

La Centrale.jpgLa Centrale d’Elisabeth Filhol paru en 2010 chez POL.

Nous suivons dans ce roman un ouvrier anonyme qui travaille depuis 10 mois dans des centrales nucléaires. Cet ouvrier n’est pas agent d’EDF, il travaille comme intérimaire et est donc envoyé faire des chantiers d’arrêt de tranches sur les circuits primaires, directement exposé aux rayonnements, dans les réacteurs de toutes les centrales de France. C’est un précaire du nucléaire qui partage une caravane ou un mobil home, au gré de ses missions, avec des collègues, qui, ensemble, s’inquiètent du taux de radiation qu’ils ont pu recevoir et si leur quota annuel est dépassé ce qui les mettra d’office au chômage. Un ouvrier, donc, que la fatigue liée à son travail met en danger, une mauvaise manipulation étant si vite arrivée…

Un court roman sur un monde méconnu, celui des travailleurs du nucléaire. L’auteur décrit très bien ce monde silencieux, à peine perturbé par les turbines des réacteurs, un monde d’hommes que le stress de leur travail si particulier (l’entretien des réacteurs) épuisent moralement et physiquement avec en arrière-plan le souvenir de la catastrophe de Tchernobyl et la crainte que cela se reproduise.

J’ai trouvé le sujet très intéressant mais malheureusement, je ne suis pas fan du style de l’auteur. Les phrases sont beaucoup trop longues à mon goût, ponctués d’énormément de virgules qui heurtent la fluidité naturelle de la lecture.

08:46 Publié dans Lectures | Lien permanent | Commentaires (2) | Tags : littérature française, elisabeth filhol |

24 mai 2010

Pratique de lecture chez les people -55

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Eliza Dushku, actrice croisée dans la série Buffy contre les vampires et actuellement sans emploi depuis l’annulation de la série où elle tient le premier rôle, Dollhouse, profite de son temps libre pour bouquiner sur la plage.

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Dr. Paul O., You Can't Make Me Angry.

Un livre de développement personnel écrit par un médecin spécialiste des troubles liés à l’alcool. Dans ce livre, il donne des conseils au lecteur pour surmonter sa colère et négocier sereinement les situations de conflit, condition absolument nécessaire pour la réussite du programme des alcooliques anonymes.

15:28 Publié dans Paillettes | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : potins, people, eliza dushku, pratique de lecture, série tv |

09 mai 2010

Une Histoire Populaire de l'Empire Américain

Une Histoire Populaire de l'Empire Américain.jpgUne Histoire Populaire de l'Empire Américain de Mike Konopacki et Paul Buhle d’après Howard Zinn paru en 2009 chez Vertige Graphic.

Cette bande dessinée est librement adaptée de l’essai d’Howard Zinn, Une Histoire populaire des États-unis de 1492 a nos jours paru en 2003 chez Agone.

Howard Zinn est né à Brooklyn en 1922 et est décédé le 27 janvier 2010. C’était un historien et politologue américain, très engagé politiquement notamment pour la défense des droits civiques. Dans cette bande dessinée, il est le narrateur et lors d’une conférence, il raconte à son auditoire l’histoire de ce que l’on appelle l’impérialisme américain. Car pour cet auteur, si les gouvernements successifs des États-unis ne le reconnaissent pas, ce pays est bien un empire et pour en avoir la preuve, il suffit de remonter le temps et d’analyser la politique étrangère américaine.

Les auteurs utilisent une série d’exemples qui vont du massacre de Wounded Knee en 1890 à l’attaque terroriste du 11 septembre en passant par des faits moins connus en Europe comme la grève Pullman en 1894 ou d’autres plus fameux comme la batailles pour les droits civiques des afro-américains dans les années 60.

À travers ces exemples, il narre également le destin de personnages emblématiques de l’époque ou d’autres, simples témoins des faits. Les grands événements de la vie d’Howard Zinn sont également parcourus car il fut lui-même parti prenante lors de nombreuses luttes et cela permet d’éclairer le lecteur sur son engagement politique.

Cette bande dessinée mêle avec talent l’Histoire (avec un « H » majuscule) et la petite histoire de certaines personnes en utilisant parfois des documents d’époque pour étayer le propos des auteurs. Le style du dessin, assez rond, très comic strip (ces bandes dessinées humoristiques des journaux) agit en contrepoint avec les sujets, souvent intolérables.

C’est au final une lecture marquante et les faits sont expliqués clairement dans une sorte de suite logique qui fait apparaître un schéma directeur : l’impérialisme américain n’est pas qu’une théorie mais une réalité que chacun peut appréhender en parcourant l’histoire de ce pays. De plus, les auteurs utilisent une petite vignette appelée « Infozinn » qui ressemble étrangement aux petites astuces que l’on trouve dans la collection « Pour les nuls » qui font le parallèle entre certaines pratiques ou événements d’une époque et leurs équivalents à la nôtre.
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Comme le dit très justement Howard Zinn dans un article publié après le 11 septembre et en réaction à la déclaration de guerre contre le terrorisme du président Bush Jr., les hommes politiques n’ont rien appris en un siècle d’histoire et ils ne font que répéter encore et encore les mêmes erreurs.
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Cliquer sur l’image pour en découvrir un extrait.

Une histoire développée dans cette bande dessinée qui me touche particulièrement : la ségrégation dans les bibliothèques dans les années 60 :
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Cliquer sur chaque image pour découvrir cette histoire.

09:22 Publié dans Lectures | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : bande dessinée |

07 mai 2010

Réponds, si tu m’entends

Réponds si tu m'entends.jpgRéponds, si tu m’entends de Marian Keyes paru en 2009 chez Pocket.

Anna Walsh, la trentaine, habitant à New York, ayant le « Meilleur Boulot du Monde » pour une agence de pub qui se charge de cosmétique – ça veut dire des produits gratuits à tire-larigot – se retrouve à Dublin, dans la maison de ses parents, dans ce qui fut leur salle à manger, aménagée pour le moment en chambre de malade.

Anna a eu un terrible accident de voiture (bras casé, rotule démise, ongles de la main arrachée, balafre sur le visage). Dans cette pièce où elle est abrutie par les médicaments, elle se remémore les évènements qui l’ont ramenée dans son pays natal, l’Irlande.

Les choses avaient commencées doucement, un emploi de relations publiques à Dublin, l’envie de s’exiler aux États-Unis avec une amie, un appartement riquiqui et hors de prix, un emploi décroché miraculeusement dans une grande agence de pub, des histoires d’amour assez peu satisfaisantes jusqu’à sa rencontre avec Aidan Maddox. Là, les évènements s’accélèrent. Aidan lui propose rapidement de l’épouser et ils emménagent ensemble. Sa vie lui semble parfaite mais l’accident fait tout dérailler.

Dans cette pièce à Dublin, elle essaye en vain de contacter Aidan et décide de retourner à New York pour se lancer à sa recherche. Une fois à New York, elle reprend sa vie d’avant l’accident. Mais le pourra-t-elle seulement ? Car Anna est en plein déni. Aidan est mort. Elle est désormais veuve. Aidée par ses amis, elle réalise peu à peu que son époux est décédé mais ne peux s’empêcher en même temps de chercher à communiquer avec le défunt. Commence alors la traque du bon médium, quelqu’un d’honnête qui communique avec les morts pour avoir la réponse à la grande question : où est Aidan ?

Une chick lit’ à la fois amusante et triste, sur un sujet difficile, le deuil. Marian Keyes a cette particularité de savoir avec brio entremêler des histoires assez dures tout en gardant le ton léger propre à la comédie romantique.

Dans ce roman, j'ai retrouvé avec plaisir les membres de la famille Walsh qui apparaissent dans ses romans précédents. Dans Les Vacances de Rachel, nous suivions la lutte d’une des sœurs aînées de la famille contre ses addictions et dans Chez les anges, Maggie, son aînée, une femme au foyer au profil de « Desperate Housewife », licenciée et trompée par son mari, décide de fuir à Los Angeles et reprend goût à la vie dans la capitale du cinéma et des paillettes.
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Queen of pain de Camilla Ferrari.

07:02 Publié dans Lectures | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : littérature irlandaise, chick lit, marian keyes |

04 mai 2010

Le Chant de l'oiseau de nuit

Le Chant de l'oiseau de nuit t1.jpgLe Chant de l'oiseau de nuit t2.jpgLe Procès de la sorcière et Le Visage du Mal de Robert McCammon paru en 2008 chez Bragelonne.

Matthew Corbett est un jeune orphelin de 20 ans qui travaille comme clerc pour un juge colonial, Isaac Woodward. En 1699 alors que les États-unis n’existent pas encore et qu’une partie de ce territoire appartient toujours à la couronne britannique, le juge et son clerc doivent statuer sur le sort une femme accusée de sorcellerie dans une petite ville créée de toute pièce sur la côte de la Caroline par un homme qui espère en faire un grand port dans le futur. En chemin vers Fount Royal, le juge et son clerc sont dépouillés par un aubergiste et sa famille qui manque de les assassiner et c’est en chemise de nuit, pieds nus, sous une pluie battante qu’ils font leur entrée dans la ville où ils sont très attendus.

À Fount Royal, la psychose règne, de nombreux habitants ont préféré fuir plutôt que d’attendre le jugement de la sorcière. Woodward tombe gravement malade mais, sous la pression du propriétaire de la ville, décide que le procès aura lieu le plus rapidement possible afin d’apaiser les esprits, effrayés à l’idée de voir se répéter se répéter les évènements de Salem en 1692.

En entendant le récit des témoins, il ne fait aucun doute pour le juge que Rachel Howarth est bien une sorcière comme tout le monde le prétend. Mais pour Matthew, dont l’esprit curieux est insatiable, de trop nombreuses zones d’ombres subsistent. Il y a tout d’abord cette pièce en or espagnole qu’on lui a volé dans sa chambre, preuve de contacts entre la colonie britannique et la colonie espagnole ennemie de Floride à 200 km de Fount Royal. Puis il y a ces pierres précieuses que certains ont retrouvées dans le ventre de tortues pêchées dans la source de la ville, indice probable d’un ancien trésor de pirates. Et ces maisons qui brûlent de fond en comble alors que l’humidité ambiante aurait dû empêcher leur embrasement. Et pour finir, il y a surtout le récit des témoins qui décrivent tous, avec forces détails, les atrocités que Rachel aurait commises avec le Diable tout en restant vagues sur les circonstances qui les ont amené à assister à ses scènes.

Matthew soupçonne tout le monde ou presque. Il se rend compte qu’à Fount Royal, certains ne sont pas ce qu’ils prétendent être mais comment va-t-il faire pour trouver les preuves d’une conspiration qui aurait pour but de faire disparaître la petite ville et ainsi innocenter Rachel en lui évitant de mourir sur le bûcher que les villageois sont prêts à allumer avant même sa condamnation ?

Une suite de romans historiques palpitants et bien documentés sur la vie, et surtout les superstitions, dans les lointaines colonies d'Amérique. L'auteur, grâce à ces descrptions précises des lieux et de l'atmosphère si particulière de l'époque, plonge le lecteur au plus profond de son histoire à tel point que j'ai eu du mal à les lâcher une fois commencé !
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Thompkins H. Matteson, L’examen d’une sorcière, 1853.

18:01 Publié dans Lectures | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : littérature américaine, roman historique, robert mccammon |

02 mai 2010

Complément affectif

Complément affectif.jpgComplément affectif de Mari Okazaki paru en 2006 chez Delcourt « Jôhin » (8 volumes à ce jour).

Minami Fuji, 27 ans, travaille comme créative dans une agence de pub. Elle a un petit-ami qu’elle voit très peu, préférant s’absorber complètement dans son travail. Son petit-ami rompt, ne trouvant pas sa place dans la vie très occupée de Minami. La voici donc célibataire après sept ans de vie en couple. La solitude lui pèse tellement qu’elle ne vit plus que par son travail. Elle commence alors à fréquenter des collègues de bureau en espérant trouver l’amour car c’est avant tout une grande romantique.

Une histoire touchante et amusante sur les (més)aventures amoureuses d’une presque trentenaire. Cela semble un peu futile et léger à première vue mais l’auteur tient à évoquer le monde du travail et la difficulté pour les femmes japonaises d’y faire leurs preuves. Pour l’auteur, il est presque impossible de concilier vie amoureuse et réussite professionnelle. Mari Okazaki dessine des personnages féminins gracieux et peut-être un peu trop filiformes. Les personnages ont ces grands yeux expressifs qui peuvent rebuter certains lecteurs mais l’ensemble de son trait a beaucoup d’élégance tout en jouant parfois sur la note humoristique en déformant un peu les visages ou les attitudes de ces personnages.
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C’est l’équivalant en manga d’une comédie romantique ou d’une chick lit’. En somme une lecture divertissante aux personnages attachants.
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Cliquer sur l’image pour en découvrir un extrait (à lire dans le sens de lecture japonais).

23:49 Publié dans Lectures | Lien permanent | Commentaires (2) | Tags : manga |