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09 juillet 2012

Le Livre des enfants

littérature britannique,roman historique,A.S. ByattLe Livre des enfants de A.S. Byatt paru en 2012 chez Flammarion.

Nous sommes à la fin du 19ème siècle. Deux jeunes garçons, Tom Wellwood et Julian Cain, se promènent dans ce qui sera le Victoria and Albert Museum (le musée des arts décoratifs de Londres) pendant que la mère de Tom, Olive Wellwood, auteur de livres pour enfants, et le père de Julian, le major Prosper Cain, conservateur au musée, discutent.

Dans le musée, les enfants observent un jeune garçon de leur âge qui dessine devant les vitrines. Ce garçon semble très sale, pas le genre de visiteurs habituels du musée, et Julian l’a déjà vu disparaître dans les salles. Avec Tom, ils décident de suivre ce garçon qui vit en fait dans les sous-sols. L’intrus est conduit devant Prosper Cain. Il s’appelle Philip et travaille aux ateliers de poterie où il alimente les fours mais son rêve est d’être potier.

Olive Wellwood prend le garçon sous son aile et l’emmène avec elle dans le Kent. Là-bas, il découvre une grande famille composée d’Olive, de son époux Humphry, de la sœur d’Olive, Violet, qui s’occupe de tenir la maison et des enfants qui sont au nombre de six. C’est une famille d’intellectuel faisant parti de la Société fabienne. Ils sont plutôt socialistes et élèvent leurs enfants avec beaucoup de liberté.

Philip sera plus tard confié à Benedict Fludd, un potier génial mais tourmenté. Celui-ci terrorise sa famille. Sa femme et ses deux filles sont particulièrement effacées et le fils aîné ne rêve que d’une chose, c’est de quitter ce lieu où la vie est chaotique, pour faire fortune à la Bourse.

Dans ce roman très dense, le lecteur suit l’évolution individuelle de multiples personnages qui composent ce cercle d’amis, les Wellwood, les Cain et les Fludd. Sur vingt ans, on découvre également les changements de la société britannique avec l’influence grandissante de la Société fabienne et du socialisme sur la politique, le combat des suffragettes mais aussi l’impact de la Première Guerre mondiale.

Chaque personnage poursuit sa destinée et révèle ses fragilités car les apparences sont particulièrement trompeuses et les secrets de familles, parfois redoutables, finissent toujours par émerger. C’est là le grand talent de la romancière. Elle a su animer autant de personnages qui ont tous une trajectoire particulière et qui se croisent les uns, les autres comme dans la vraie vie.

L’écriture est magnifique et me fait aimer encore davantage cette auteur dont deux de ses précédents romans m’avaient captivé (Possession, adapté au cinéma en 2002 par Neil LaBute avec Gwyneth Paltrow et le très marquant Des anges et des insectes dont une nouvelle est adapté au cinéma en 1995 par Philip Haas avec Kristin Scott Thomas).

Mais ici la narration est ici particulièrement touffue et dans un premier temps, il est difficile d’entrer dans le roman. En plus de l’histoire autour de ses personnages, A.S. Byatt développe beaucoup le cadre historique de son roman et intercale également des passages des contes qu’Olive Wellwood écrit. Cela ralentit la lecture et a eu tendance a douché mon intérêt pour le livre (avec en plus un effet soporifique non négligeable) mais en arrivant à la moitié du roman, enfin !, les choses avancent et j’ai commencé à entrevoir les craquelures des personnages. Le roman est vraiment devenu à ce moment très intéressant et m’a permis de finir la lecture sur une impression positive qui amoindrit les difficultés que j’ai eu quand j’ai entamé ce roman.

Pourtant, si vous ne connaissez pas la grande romancière qu’est A.S. Byatt, je vous conseille de commencer par Des Anges et des insectes ou par Possession qui n’ont pas les défauts de celui-ci et qui ne demande pas d’être têtue comme une mule pour arriver au bout !

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littérature britannique,roman historique,A.S. Byatt

03:13 Publié dans Lectures | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : littérature britannique, roman historique, a.s. byatt |

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