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10 avril 2009

Jaz Parks s’en mord les doigts

Jaz Parks s'en mord les doigts.jpgJaz Parks s’en mord les doigts de Jennifer Rardin paru en 2008 chez Bragelonne « Milady ».

Jasmine "Jaz" Parks est une ancienne chasseuse de vampires qui travaille désormais pour la CIA où elle est l’assistante de Vayl, un vampire roumain vieux de 300 ans au moins. Ils sont tous les deux le bras armé de l’Agence et dégomment allégrement des malfrats, terroristes et autres crapules qui s’associent évidemment avec d’affreux vampires. À priori, rien de bien original.

Tiens, ça me fait penser que dans ce genre d’histoires, c’est toujours la fille qui est humaine et l’homme, le vampire…

Autre remarque en passant, je sais bien que la Roumanie est le berceau de Dracula mais un vampire originaire d’Europe de l’Est, c’est quand même de l’ultra réchauffé ! J’attends avec impatience l’auteur qui créera un héros vampire jamaïcain pour changer !

Bon, reprenons le fil de l‘histoire… En fait, non, ça va pas être possible car l’histoire est tellement ténue qu’elle tiens en 5 lignes et le manque d’inventivité n’est pas le pire des maux de ce roman, le reste est à l’avenant… Encore un auteur qui s’est lancé dans la littérature dite de genre avec un niveau d’exigence littéraire assez proche du zéro absolu.

Bref, un roman poussif, à l’intrigue inexistante ou presque, avec des redites et des personnages globalement agaçants, premier tome d’une saga qui en comportera je ne sais pas combien (4 autres sont parus en anglais, le 2ème vient de sortir en français) mais de toute façon, ça se fera sans moi !

Par contre, je ne renonce pas à la lecture de ce genre actuellement en vogue qu’est la « bit lit’ » (un mix de chick lit’ et de roman fantastique) puisque je pense retenter le coup avec Laurel K. Hamilton et sa série Anita Blake chez Bragelonne « Milady » et, éventuellement, Charlaine Harris avec la série de la Communauté du Sud dont l’action se déroule en Louisiane (ce qui est, pour moi, une raison suffisante pour en entamer la lecture !) et adaptée sous le nom de True Blood à la télévision américaine par HBO. Ses romans sont épuisés actuellement mais prochainement réédité par J’ai lu qui en poursuivra peut-être la traduction.

12:05 Publié dans Lectures | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : littérature américaine, roman fantastique, jennifer rardin |

06 avril 2009

Glitz

Glitz.jpgGlitz d’Elmore Leonard paru en 2008 chez Rivages « Rivages/Noir ».

Vincent Mora est en convalescence à Puerto Rico. Il s’est fait tiré dessus en sortant de l’épicerie. Vincent est flic à Miami… A Puerto Rico, il a une aventure avec Iris, prostituée à ses heures, qui rêve d’aller aux États-unis. Grâce au propriétaire d’un casino local qui possède un autre établissement du même type sur le sol américain, Iris s’envole pour Atlantic City où elle pense avoir décroché un poste d’hôtesse qui se révèle en fait être une métaphore pour désigner une femme que la direction « offre » aux gros joueurs en même temps que les suites gratuites ! Mais un homme suit Vincent avec acharnement car il l’a coffré plusieurs années auparavant. Teddy a un projet, se venger coûte que coûte.
 
Le roman suit donc les tentatives (nombreuses) de Teddy pour assassiner Vincent pendant que celui-ci cherche à résoudre plusieurs meurtres tant à Puerto Rico qu’à Atlantic City.

Un roman pas désagréable mais avec, à mes yeux, quelques longueurs et beaucoup moins d’humour et de rythme que dans les précédents romans de l’auteur d’après mon souvenir.

Il n’en demeure pas moins, qu’Elmore Leonard est un grand auteur de romans policiers et de western, très prolifique, dont les œuvres littéraires me semblent assez peu connu en France même si on a tous vu au moins un film adapté d’un de ses romans.

Quelques exemples :
Killshot.jpg Killshot-2.jpg
3 Heures 10 pour Yuma.jpg 3h10 pour Yuma.jpg
Bee Cool-2.jpg Bee Cool.jpg
Loin des yeux.jpg Hors d'atteinte.jpg
Punch creole.jpg Jackie Brown.jpg
Zigzag movie.jpg get shorty.jpg
Hombre-2.jpg Hombre.jpg
Liste plus complète ici et .

18:53 Publié dans Lectures | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : littérature américaine, roman policier, cinéma, elmore leonard |

25 mars 2009

Ces lecteurs qu’on assassine…

La découverte de ce blog passionnant : The Book Design Review (via l’excellent blog de Gatsu Gatsu) m’a permis de me souvenir qu’il y a un peu plus d’un an, j’avais été frappée (comme beaucoup, ceux qui sont abonnés à la liste de diffusion Biblio-fr voit de quoi je parle !) par la similarité des couvertures de certains romans. On a vu, en effet, un motif sortir du lot et être dupliqué presque ad nauseam : les femmes vues de dos.

Mais je viens de remarquer qu’une illustration se répète en particulier en ce moment : les armes à feu que l’on pointe sur le lecteur !

Quand la ville dort-w.r. burnett.gif

W.R. Burnett, Quand la ville dort, Folio

La saison des massacres-giancarlo de cataldo.jpg

Giancarlo De Cataldo, La Saison des massacres, Métailié

La revanche de flint-paul eddy.jpg

Paul Eddy, La Revanche de Flint, Robert Laffont

Blue zone-andrew groos.jpg

Andrew Groos, Blue zone, Flammarion

Crise d’otages-james patterson.jpg

James Patterson, Crise d’otages, L’Archipel

La longue patience du sanglier-christine pedotti et vincent villeminot.jpg

Christine Pedotti et Vincent Villeminot, La Longue patience du sanglier, Plon

Waiting period-hubert selby jr..jpg

Hubert Selby Jr., Waiting period, 10/18

Quand je serai roi -Enrique Serna.jpg

Enrique Serna, Quand je serai roi, Métailié

Le touriste-Olen Steinhauer.jpg

Olen Steinhauer, Le Touriste, Liana Levi

Sang futur-Kriss Vilà.jpg

Kriss Vilà, Sang futur, Alvik Éditions

Corbeau à hollywood-joseph wambaugh.JPG

Joseph Wambaugh, Corbeau à Hollywood, Seuil
Mais toute cette démonstration de force à l’encontre de l’innocent lecteur ne donnerait pas grand chose si on oublie les balles :

Sombres desseins-ken bruen et jason starr.jpg

Ken Bruen et Jason Starr, Sombres desseins, Seuil

Non, ce pays n’est pas pour le vieil homme-cormack mccarthy.jpg

Cormack McCarthy, Non, ce pays n’est pas pour le vieil homme, Éditions de l’Olivier
Et maintenant que le flingue est chargé, il n’y a plus qu’à s’entraîner au tir :

Le tumulte des roses-Manuel Peyrou.jpg

Manuel Peyrou, Le Tumulte des roses, Le Serpent à Plumes

20:16 Publié dans Lectures | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : littérature, édition, blog |

17 mars 2009

L’Homme du lac

L’Homme du lac.jpgL’Homme du lac d’Arnaldur Indridason paru en 2008 chez aux éditions Métailié « Noir ».

Depuis un tremblement de terre, le lac de Kleifarvatn près de Reykjavik se vide rapidement. Un hydrologue chargée d’en trouver la raison découvre alors un crâne manifestement humain affleurant à la surface de ce qui était peu de temps auparavant le fond du lac. La police se rend sur place et dégage le reste du squelette. L’homme a le crâne fendu et son cadavre a été lesté par un émetteur radio de fabrication soviétique avant d’être balancé dans le lac. L’enquête est confiée à Erlendur, Sigurdur Oli et Elinborg qui vont alors chercher l’identité de ce squelette parmi les hommes portés disparus dans les années 60 à l’époque de la guerre froide. Erlendur, obnubilé pour des raisons personnelles par les disparitions, se focalise sur un homme en particulier, Leopold qui s’est volatilisé en 1968. Cet homme était commercial pour une entreprise qui vendait du matériel agricole fabriqué en URSS. Mais il s’est vite avéré que cet homme vivait sous un faux nom. Parallèlement à l’enquête, un homme quelque part se souvient de sa jeunesse lorsqu’il apprend la découverte faite dans le lac. Tomas avait un idéal, le communisme. C’est pourquoi il a décidé de partir étudier à l’université en Allemagne de l’Est pour voir et vivre la concrétisation de cet idéal. C’est à Leipzig qu’il a rencontré l’amour de sa vie, Ilona, une jeune hongroise qui ne supporte plus la pression du communistme et qui souhaite le voir évoluer vers plus d’humanité. Mais Ilona est arrêtée par la Stasi et disparaît à jamais.

J’aime : la psychologie des personnages, les trois policiers ne sont pas des héros parfaits, ils ont une vie en dehors de leur boulot. Pour ce qui est du récit, on comprend assez rapidement à qui appartient le squelette et on devine petit à petit les raisons de son assassinat grâce aux souvenirs de Tomas. Un des points forts du roman est la description de l’Islande contemporaine où apparemment il y a de très nombreuses disparitions qui s’avèrent souvent être des suicides ainsi que l’évocation de l’Allemagne de l’Est communiste vu par de jeunes islandais idéalistes mais dont l’enthousiasme est vite douché par les réalités de la vie dans une société qui encourage les enfants à dénoncer leurs parents dès que ceux-ci émettent le moindre propos en contradiction avec la ligne du parti. Mais au-delà de l’intrigue policière, Indridason révèle les espoirs, les doutes et les failles de ses personnages.

J’aime pas : j’ai l’impression que pour bien comprendre la complexité des protagonistes de ce roman, il faut avoir lu les précédents. Il y a de nombreuses références à des évènements du passé du commissaire Erlendur et de son équipe qui ne sont pas toutes bien expliquées. C’est aussi désagréable que de regarder un film sans en avoir vu le début.

Au final, c'est un roman qui dépasse le strict cadre de son genre, le policier, pour aller toucher du doigt des vérités essentielles sur la nature humaine.

17:46 Publié dans Lectures | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : littérature islandaise, roman policier, arnaldur indridason |

05 février 2009

La Madone des enterrements

La Madone des enterrements.jpgLa Madone des enterrements de Madeleine Wickham alias Sophie Kinsella paru en 2008 chez Belfond « Mille Comédies ».

Fleur Daxeny est une arnaqueuse, une belle arnaqueuse de 40 ans. Comme tous les escrocs dans son genre, elle a une spécialité : les notices nécrologiques du Times car c’est dans les enterrements qu’elles dénichent ses futures proies, de riches veufs dont la toute fraîche solitude les rend particulièrement sensible à son charme fantasque. Le but de Fleur ? Se faire offrir une Gold Card dont elle crèvera le plafond avant de disparaître subitement. C’est ainsi qu’elle apparaît dans la vie de Richard Favour, un homme que tout le monde juge réservé et distant. Cette réserve qui ne lui est pas naturelle est le fruit de son mariage avec une femme secrète qui s’avère être détestable sous son vernis de bourgeoise bien comme il faut. L’arrivée de Fleur, puis de sa fille de 13 ans, Zara, va bouleverser la vie de Richard et de sa famille et faire émerger les personnalités que leur femme, mère ou sœur – la défunte Emily – avait annihilé par sa présence. Mais Fleur ne perd pas de vue son objectif : elle a un pigeon à plumer !

J’aime : cette histoire d’une famille repliée sur elle-même qui a très – trop – longtemps vécue sous la domination d’une femme et dont les membres qui ont été constamment rabaissés reprennent peu à peu possession d’eux-mêmes grâce à l’influence positive de l’arnaqueuse.

J’aime pas : le livre est amusant mais un peu trop superficiel. Sur la même trame, j’aurais aimé qu’elle soit plus virulente dans sa description des mœurs de la bourgeoisie anglaise. Mais bon, tout le monde n’a pas le talent de Tom Sharpe !

Une lecture agréable notamment grâce à la personnalité de l’héroïne qui m’a un peu fait penser à ce film avec Sigourney Weaver, Beautés empoisonnées, certes, mineur dans la carrière de l’actrice mais tout aussi amusant. Malgré tout, ce roman est bien meilleur que son premier traduit sous le pseudonyme de Madeleine Wickham, Un week-end entre amis qui s’est avéré être très décevant.

18:44 Publié dans Lectures | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : littérature britannique, chick lit, sophie kinsella |

26 décembre 2008

Chouette

Chouette.jpgChouette de Carl Hiaasen paru en 2005 chez Gallimard « Folio junior ».

Roy Eberhardt déménage du Montana vers la Floride et c’est un grand choc ! Il passe d’un climat rude dans des paysages montagneux à un climat subtropical dans une région plus que plate. Il a vraiment du mal à se faire à sa nouvelle vie, d’autant plus qu’un gros balourd de son école passe son temps à l’embêter dans le bus de ramassage scolaire. Roy ne fait pas le poids mais ne se laisse pas faire pour autant. C’est dans le bus, en essayant d’ignorer les quolibets de Dana et de sa clique qu’il remarque un garçon de son âge courrant pieds nus sur le trottoir et Roy se lance alors à sa poursuite. Ce garçon qui se présente sous le nom de « Doigt de mulet » est une sorte de Tom Sawyer moderne et essaye de lutter à lui tout seul contre la construction d’un restaurant d’une chaîne de fast-food. Sur le terrain de la future « Maison des Crêpes 100 % Américaines de Maman Paula » nichent des chouettes « des terriers », une espèce protégée. Roy décide de se joindre au combat de « Doigt de mulet » et de faire fermer le chantier.

J’aime : Carl Hiaasen est le romancier le plus écolo que je connaisse, il fait passer son message de façon toujours humoristique tout en donnant une magnifique description de la faune et de la flore floridienne. En le lisant, on n’a qu’une envie, y passer ses prochaines vacances mais attention, pas pour aller voir Mickey ! Car Hiaasen abhorre Disney. Non, y aller pour visiter des lieux moins connus de la Floride rurale et authentique que l’on retrouve dans ses romans.

J’aime pas : rien.

Un roman jeunesse d’un Carl Hiaasen au meilleur de sa forme, à conseiller aux enfants déjà bons lecteurs mais les adultes ont tout intérêt à mettre le nez dedans aussi car ça serait dommage de passer à côté d’un tel auteur.

03 décembre 2008

A Hollywood...

Mister Bones.jpgMister Bones de Seth Greenland paru en 2008 chez Liana Levi « Piccolo ».

Lloyd Melnick et Frank Bones travaillent tous deux à Hollywood. Lloyd est un scénariste de sitcom nouvellement engagé par une chaîne de télé, Lynx, après avoir pendant des années œuvré sur une série encensée par la critique et aux taux d’audience record. Le problème c’est que la longévité de Lloyd au sein de cette équipe de scénariste tient plus à sa faculté de s’être fait oublier du créateur fantasque de la série qu’à un quelconque génie. Le voilà donc bien accablé par son nouveau travail alors qu’il vit très mal sa nouvelle situation sociale. Il doit créer une nouvelle série, doit justifier son salaire mirobolant mais doit aussi satisfaire les besoins – très dispendieux – de sa femme qui a enfin l’impression d’être sur le voie de son ascension sociale tant espérée en tant que « femme de… ». Frank est un comique de stand-up. Un comique doué mais en fin de course depuis un « incident » plusieurs années auparavant : il a braqué un revolver chargé sur un spectateur qui n’appréciait pas un de ses sketchs. Depuis, Frank vivote avec sa compagne, Honey, honorant quelques contrats dans des boîtes minables attendant désespérément que quelqu’un reconnaisse enfin son talent et lui écrive le show qu’il mérite. Mais la seule chose qu’on lui propose c’est une série ridicule où il joue le rôle d’un esquimau ! Malgré tout, il accepte de tourner le pilote, cédant à la pression grandissante d’Honey qui le menace de lui faire un coup à la Lysistrata. Le pilote est un échec. Honey est remarquée par les producteurs de la série – bien sûr, rien à voir avec sa récente et conséquente augmentation mammaire ! – et tandis que sa carrière commence à décoller, celle de Frank s’effondre totalement dans les vapeurs du crack et de l’alcool. Lloyd et Frank se sont connus bien des années avant lorsqu’ils étaient à New York. Lloyd admire le talent de Frank et Frank… eh bien, Frank a beaucoup d’admiration pour son propre talent également ! Mais à Hollywood, Lloyd est en haut de la chaîne alimentaire et son refus d’aider Frank en lui écrivant quelque chose à sa mesure va les projeter dans une aventure rocambolesque.

J’aime : le ton de l’auteur, à l’image de son héros, Seth Greenland est ironique et grinçant sur le monde d’Hollywood qu’il connaît manifestement très bien :

« Exaspéré, il descend de la Saab et tend les clés au jeune Mexicain qui a risqué sa vie pour franchir la frontière caché dans un baril de pétrole, afin de pouvoir gagner 5,50 dollars de l’heure en garant des voitures, et il suit sa femme en direction de la maison, une immense demeure récente, dans le style hacienda, enfant naturel d’une liaison entre Louis XIV et Cortes, Versailles revu par les fast-foods Taco Bell. […] Du seuil de l’hacienda des Hayler, Lloyd, vêtu de son habituel mélange de cotonnade agressivement hors de toutes les modes, avec ses Nike aux pieds, balaye du regard la vaste demeure et le gombo de producteurs hollywoodiens, d’agents, avocats, managers et réalisateurs, le tout saupoudré de quelques vedettes connues pour leur soutien aux causes progressistes afin de relever un peu le brouet. Dans un coin, il aperçoit l’über-agent Yuri Klipstein, un homme qui a la réputation de passer cent cinquante coups de téléphone par jour, en train de discuter avec une femme qui a écrit un film sur un vagin qui parle. Dans un autre coin, un comique-acteur hyperactif très connu, dont Lloyd trouve les films d’un sentimentalisme grotesque, est en pleine conversation avec une personnalité de la radio au tempérament acerbe. Au bar, en contrebas, la barmaid tend deux mojitos à une ancienne starlette qui a su faire fructifier une série de scènes dénudées tournées au début de sa carrière pour décrocher un mariage avec un directeur de studio et une maison à Malibu ».

S’inspirant de sa propre expérience, l’auteur démonte complètement le mécanisme à la base de tout sitcom et on en vient à regarder certaines séries avec un œil plus critique :

« Les scénarios comme celui de Happy Ends, un programme destiné à être enregistré en public, sont écrits avec la rigueur des haïkus. Il y a généralement trois gags par page et généralement deux lignes de dialogue avant l’arrivée du gag, ce qui crée un rythme inaltérable : réplique-réplique-gag, réplique-réplique-gag, à l’infini. Cette règle peut changer seulement lorsque le programme existe depuis plusieurs années, si les producteurs décident de pimenter un peu les choses et d’étirer leurs muscles créatifs, un désir malencontreux qui peut s’avérer désastreux pour l’existence des personnages principaux, généralement sous la forme d’un divorce ou de l’apparition d’un cancer. Il en résulte souvent « un épisode très particulier » qui contient moins de gags et beaucoup plus d’embrassades qu’à l’accoutumée. Mais de manière générale, le rythme réplique-réplique-gag est aussi inaltérable pour un scénariste de comédie que les temps de valse pour un pianiste ennuyeux.
Un spectateur exposé à cette forme de divertissement pendant de longues périodes développera un signal cognitif interne conçu pour réagir au rythme de gags de la même manière qu’une personne qui entend dire « tagada » s’immobilise et tend l’oreille dans l’attente du « tsoin tsoin » qui viendra achevé l’équation sonore et évacuer la tension créée par le rythme de la scène. Le public ne rit pas parce qu’il y a forcément une chose drôle, mais parce qu’un comédien a prononcé la troisième réplique en insistant particulièrement pour indiquer qu’un gag était arrivé. Le rire, comme le sait quiconque s’intéresse à la psychologie et connaît vaguement les sitcoms américains, devient un réflexe pavlovien ».

Mais par delà cette ironie, Greenland évoque le découragement qu’un auteur peut ressentir quand il accepte de bosser sur des projets qui ne lui plaisent pas, juste pour ne pas renoncer à son train de vie et d’abandonner ainsi tout espoir de produire quelque chose de créatif et d’artistique :

« Lloyd voulait devenir un artiste et au lieu de cela, il est devenu riche ».

Ou encore :

« Haley estimait que Lloyd Melnick, extrêmement surpayé, était l’homme idéal pour écrire la série et Pam fut réquisitionnée sur-le-champ pour aller en discuter avec le nouveau chouchou de chez Lynx. Quant à Lloyd, on attendait de lui qu’il accepte le décret directorial avec l’équanimité d’une pute à cinq mille dollars devant laquelle on dépose un godemiché de trente centimètre de long en lui demandant de se retourner ».

J’aime pas : pour faire progresser l’intrigue et ses personnages, l’auteur y imbrique une histoire pseudo-policière que je trouve un peu décousue et comme de nombreux auteurs anglo-saxons, il succombe à la facilité et offre à son personnage principal un happy end qui tombe à plat.

Un autre roman sur Hollywood :

Junket.jpgJunket de Juliette Michaud paru en 2008 chez Sonatine.

Juliette Michaud y évoque ses années de journaliste pour le magazine Studio alors qu’elle était en poste à Los Angeles. Elle y débarque sans maîtriser les rudiments de la langue et sans avoir le permis – chose très handicapante dans cette ville en particulier ! Après le premier effet de son nouveau boulot, l’émerveillement de côtoyer des stars internationales, succède la déprime devant l’inanité des grands studios hollywoodiens. Car à Hollywood, on ne fait pas de l’art mais des dollars. Le cinéma n’est pas une passion mais une industrie. Et comme toute industrie moderne, il y a son travail à la chaîne : le junket. Imaginez alors un hôtel de luxe dont une ou plusieurs suites sont réquisitionnées pour que les journalistes nationaux et internationaux interviewent l’équipe du film. Mais avant de se trouver devant la star qui intéresse votre journal, vous devez vous tapez, vous et l’ensemble de vos collègues, le réalisateur, le scénariste, les seconds rôles, le type qui a dressé le chien dans la seconde scène, les figurants et le perchiste… Non, là j’exagère un peu ! Le Saint Graal du junket, c’est le rendez-vous en tête à tête avec la star mais attention, c’est chronométré ! Le Nirvana, c’est l’interview de la star dans son intérieur mais alors là, c’est vraiment réservé à une poignée d’élus !

J’aime : Juliette Michaud semble écrire comme elle parle, c’est frais, c’est divertissant. Ce qui est amusant mais qui pourrais lasser un lecteur moins féru de « people » que moi, c’est l’avalanche de noms célèbres, un petit côté « name-dropping » : « J’ai vu untel au supermarché », « J’ai été prise en photo avec machin », « Bidule m’a dragué comme un malade »… Après la lecture du roman, on a l’impression d’avoir lu les mails d’une bonne copine expatriée qui nous raconte ses moments agréables ou ses coups de cafard. Mais c’est aussi assez sombre, Juliette ne vit pas très bien le déracinement et la futilité de son travail. Elle a l’impression de n’être qu’un rouage d’une machine à broyer surpuissante et cela la plonge dans de douloureuses introspections.

J’aime pas : le name-dropping justement, ça donne à l’auteur un petit côté vantard assez désagréable. Je reste mitigée sur ce roman, bien moins littéraire et abouti que celui de Seth Greenland, il est toutefois intéressant pour ceux qui sont curieux de connaître les coulisses de l’industrie cinématographique américaines vues par une Française.

À noter que deux comédies romantiques à gros budgets évoquent les junkets : Coup de foudre à Notting Hill et Couples de stars. Hasard ou pas, les deux sont avec Julia Roberts !

Les studios hollywoodiens sont écologistes… Ils recyclent tout.