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19 janvier 2017

L’Affaire Flactif

documentaire,Christine KellyL’Affaire Flactif : enquête sur la tuerie du Grand-Bornand de Christine Kelly paru en 2006 chez Calmann-Lévy.
 
Christine Kelly, journaliste, revient sur l’affaire de la tuerie du Grand-Bornand. En avril 2003, une famille entière disparaît, un père, son épouse et leurs 3 enfants. Tout semble indiquer une fuite pour éviter des problèmes financiers et/ou juridiques. Xavier Flactif est en effet promoteur immobilier en Haute-Savoie, il construit des chalets qu’il vend ou qu’il loue à la saison. Cela rapporte beaucoup d’argent, la station du Grand-Bornand étant très prisée pour son coté authentique et charmant. Il a bien évidement des détracteurs qui l’accusent de malfaçons dans ses chalets, de ne pas payer ses créanciers…
 
Parmi les plus virulents, David Hotyat et sa compagne, Alexandra Lefèvre, d’anciens locataires et Alexandra a aussi été la femme de ménage de la famille Flactif. Mais grâce au fils aîné de Graziella Flactif, issu de son premier mariage, les gendarmes vont finalement enquêter plus profondément. De plus, ils se sont enfin aperçu que le chalet des Flactif a été « visité » et des objets ont disparu après que Mario ait signalé la disparition de sa famille qu’il devait retrouver pour les vacances de Pâques.
 
Le chalet est alors passé au luminol et révèle qu’un massacre a eu lieu. Les ADN des membres de la famille sont récupérés et un ADN supplémentaire, probablement celui du suspect est collecté. En septembre, David Hotyat est arrêté pour ces meurtres motivés par l’envie la plus crasse, tout ça pour récupérer frauduleusement un des chalets luxueux appartenant aux Flactif !
 
Dans ce documentaire, j’ai découvert à mon grand étonnement que Xavier Flactif et David Hotyat ont un parcours similaire. Tous deux sont issus de famille modeste du nord de la France. L’un travaille d’arrache-pied pour mettre sa famille à l’abri du besoin, l’autre à une réputation de voleur de voitures dans sa région d’origine. Xavier est un homme gentil, David est colérique. Xavier est un homme avec plein d’amis, David n’a qu’un ami qui est sous sa coupe, en fait. En Haute-Savoie, David Hotyat trouve du travail grâce au père de sa compagne. Il travaille dans un garage où il est très apprécié mais quand son ami le rejoint et travaille dans le même garage, son comportement se dégrade et Hotyat devient arrogant et irrespectueux.
 
David et Stéphane vont alors vivre de vol dans la station. La famille Hotyat-Lefèvre vit largement au-dessus de ses moyens. Le comportement d’Alexandra Lefèvre est assez étrange… On pourrait croire qu’avec un homme au tempérament aussi violent, elle serait effacée mais pas du tout, tout au long du livre, on a l’impression qu’elle attise les flammes de la colère de David Hotyat. Alors qu’ils habitaient encore dans le Nord, Hotyat a frappé le grand-père d’Alexandra ainsi qu’une vieille dame de plus de 80 ans qui faisait partie de sa famille. Elle n’a pas défendu les membres de sa famille mais a ri devant les coups portés et les insultes…
 
Après le procès, David Hotyat a été condamné à la perpétuité avec une peine de sûreté de 22 ans. Son ami, Stéphane prend 15 ans, la compagne de celui-ci, 7 ans et Alexandra Lefèvre, 10 ans. Il reste encore quelques zones d’ombres… Difficile d’imaginer un homme seul réussir à nettoyer le chalet de toutes les traces puis de brûler les corps sans aide. Malheureusement pour la famille, ce qui s’est passé exactement le 11 avril 2003 ne sera jamais révélé.
 
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documentaire,Christine Kelly
Ce fait-divers a inspiré un très bon film d’Éric Guirado avec Jérémie Rénier, Julie Depardieu, Lucien Jean-Baptiste et Alexandra Lamy en 2012. Les acteurs sont tous excellents et la mise en scène très sobre mais très évocatrice.
 
Voici la bande-annonce de ce film :

00:38 Publié dans Lectures | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : documentaire, christine kelly |

22 décembre 2016

La Déchéance de Mrs Robinson

documentaire,kate summerscaleLa Déchéance de Mrs Robinson de Kate Summerscale paru en 2013 chez Christian Bourgois existe aussi en poche).
 
Milieu du 19ème siècle. Après un veuvage Mrs Walter épouse Mr Robinson. Ce n’est pas un mariage d’amour. Son mari étant ingénieur, il voyage souvent. À Édimbourg Mrs Robinson fréquente des intellectuels locaux, c’est une femme qui aspire à être plus qu’une femme au foyer, le rôle que la société anglaise de l’époque la force à avoir notamment dans la bourgeoisie. Dans cette ville, elle s’éprend d’un homme plus jeune, il est marié et elle va souvent chez le couple, emmène leurs enfants en vacances avec les siens.
 
Mrs Robinson écrit un journal où elle confie le trouble qu’elle ressent. C’est à l’époque, la grande mode des journaux intimes. De vrais journaux d’écrivains sont publiés, d’autres, sont des romans déguisés sous cette forme. Mais le mari de Mrs Robinson tombe sur son journal alors que celle-ci est malade. Il rafle tout, les lettres, les journaux et commence une procédure de divorce pour adultère.
 
À l’époque, une nouvelle loi vient de passer, permettant aux membres de la bourgeoisie de divorcer. Auparavant, seuls les très riches pouvaient payer la procédure. Pour divorcer, un homme devait apporter la preuve de l’infidélité de son épouse. L’épouse, elle, devait prouver non seulement l’infidélité du mari mais aussi avoir été victime de mauvais traitements. Mr Robinson se sert du journal comme preuve. L’avocat de Mrs Robinson soutient que ce qui est écrit dans ce journal intime n’est qu’une fiction. Mrs Robinson est-elle vraiment une femme adultère ou une femme passionnée qui s’est laissée emportée par son imagination ?
 
La lecture des extraits du journal (largement publié dans la presse de l’époque) ne permet pas de la dire. Mrs Robinson a beaucoup d’emphase et a l’air de tout exagérer. Il y a du « Madame Bovary » chez cette Mrs Robinson.
 
Le sort de cette femme, qui voulait désespérément aimer quelqu’un (en dehors de ses enfants), est très touchant. On vit avec beaucoup d’empathie la trahison ultime de son mari (un être qui apparaît à la lecture du journal comme un être tout à fait méprisable). Contrairement au précédent livre de Kate Summerscale, la lecture de celui-ci n’a pas été laborieuse et le sujet est vraiment passionnant.
 
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19 décembre 2016

La Fille derrière le rideau de douche

documentaire, robert graysmithLa Fille derrière le rideau de douche de Robert Graysmith paru en 2014 chez Denoël (existe aussi en poche).
 
Dans ce documentaire, l’auteur du Zodiac raconte le meurtre d’une femme confondue avec Marli Renfro, la femme nue que l’on voit dans la scène de la douche du film Psychose d’Alfred Hitchcock. Janet Leigh n’a tourné que les scènes où l’on voit son visage. Voici la scène en question :

Bon ça, c’est ce que je croyais lire… En fait, ce livre évoque avec détail la vie de Marli Renfro (une pin-up des années 60) entrecoupé de passage consacré à un tueur en série qui n’est pas celui qui a assassiné la femme qu’il croyait être Marli Renfro ! Donc un type qui n’a rien à voir avec la choucroute sauf qu’après vu Psychose au cinéma, il a décidé d’assassiner la vieille dame qui l’accompagnait… Mais ce type avait déjà tué avant (des voix dans sa tête qu’il ne calmait qu’en assassinant d’après ses déclarations) et aurait tué à nouveau même s’il été allé voir un dessin animé… Donc cette lecture… que dire ?
 
À part que je n’ai vraiment pas apprécié ! Comme dans le précédent livre de Graysmith, c’est archi confus, sans plan, et le top du top, sans intrigue ! Certes, ce n’est pas un roman mais quand même, si je lis un truc qui n’a rien à voir avec la quatrième de couverture, c’est qu’il y a un problème quand même !
 
J’en ai terminé avec cet auteur, il n’est pas près de se retrouver à nouveau dans ma pile de livres à lire…
 
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17 décembre 2016

Zodiac

documentaire,Robert GraysmithZodiac de Robert Graysmith paru en 2007 chez Le Rocher.
 
Californie, fin des années 60, un homme envoie des courriers à la presse se vantant de ses meurtres. Il s’agit du Zodiac qui a assassiné cinq personnes et blessé grièvement deux autres. Lui-même revendique 37 meurtres ! Ses lettres vont terrifier les habitants de la région de San Francisco, le Zodiac menace également de s’en prendre aux cars scolaires. La police va donc escorter les cars pendant longtemps avant que le tueur ne cesse finalement toute communication. Il ne sera jamais appréhendé.
 
Robert Graysmith travaillait alors au journal qui a reçu la majorité des lettres. Il reprend l’enquête depuis le début, interrogeant les survivants, les policiers et essayant de comprendre comment et pourquoi ce tueur n’a jamais été arrêté après des décennies d’enquête. Il s’avère que le Zodiac a profité d’avoir commis ses crimes dans plusieurs juridictions. Il y avait très peu de partage d’information entre les différents enquêteurs. Pourtant un suspect émerge : il a le profil psychologique, tout semble l’accuser mais il mourra sans jamais être inculpé.
 
Dans ce livre, Graysmith émet l’hypothèse que le Zodiac était Arthur Leigh Allen. Un homme qui a été interné quand le Zodiac a cessé toute communication avec la presse. Allen a été accusé de conduite inapproprié envers un mineur. Avant cela, il vivait dans la ville où les meurtres ont commencé. Il semblerait qu’il connaissait une des victimes. Il portait également une montre de la marque suisse Zodiac dont le logo est similaire au motif utilisé par le Zodiac pour signer ses lettres.
documentaire,Robert Graysmith
Publicité de la marque Zodiac
documentaire,Robert Graysmith
Lettre envoyé en 1970 au San Francisco Chronicle qui employait Graysmith comme dessinateur de presse
 
Pour Graysmith comme pour certains enquêteurs, Allen est le Zodiac. Malheureusement, l’analyse graphologique n’a jamais pu déterminer si Allen avait écrit les lettres. Il faut dire qu’Allen était ambidextre et a pu dissimuler son écriture. Mais aujourd’hui, grâce aux avancées scientifiques, la comparaison de l’ADN détenu dans les dossiers et celui, prélevé, d’Allen, exonère ce dernier.
 
Sur le papier, la démonstration de Graysmith est plutôt convaincante même s’il a tendance à confondre corrélation et causalité et a des arguments un peu légers pour appuyer ses dires (exemple : Allen est un très bon chasseur – il chasse d’ailleurs avec un arc et des flèches –, c’est normal, il est sagittaire – un homme avec un corps de cheval qui tire à l’arc tel qu’est symbolisé habituellement ce signe du Zodiaque –  ! Euh… c’est stupide, non, comme raisonnement ? Ou bien, c’est moi qui débloque ?).
 
Le gros point noir pour moi c’est que la lecture de ce livre est laborieuse, ça part dans tous les sens, le plan de l’auteur est complètement anarchique et m’a souvent perdu en cours de route ! Robert Graysmith est probablement un meilleur dessinateur de presse que journaliste !
 
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documentaire,Robert Graysmith
C’est tellement fouillis que c’est à se demander comment David Fincher a réussi à en faire quelque chose lorsqu’il a adapté ce livre au cinéma en 2007 !
 
 
Ici, un portrait du Zodiac sur un site excellent qui est une mine d’informations sur les tueurs en série sans les encenser.

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29 novembre 2016

Le Monstre de Florence

documentaire,Mario Spezi,douglas prestonLe Monstre de Florence de Douglas Preston et Mario Spezi paru en 2010 chez L’Archipel (existe aussi en poche).
 
Florence… Ses palais Renaissance, ses œuvres des plus grands artistes italiens, sa campagne toscane et… son monstre.
 
De 1974 à 1985, un tueur en série sévit dans les collines autour de Florence. Ses cibles ? Les jeunes couples qui batifolent dans leur voiture la nuit lors des week-ends estivaux. Son mode opératoire ? Il abat l’homme au pistolet puis la femme, il s’acharne ensuite sur le corps de celle-ci. Le coupable ? Jamais arrêté. Par contre, ce ne sont pas les suspects qui ont manqué ! Car en plus de ce drame horrible, cette affaire cache un autre drame, et un autre encore comme les fameuses poupées russes. La justice italienne, tellement pressée de conclure cette affaire, a suivi toutes les pistes même les plus abracadantesques, même celles qui sont infirmés par les maigres preuves récoltées à l’époque. C’est bien simple, tout le monde a été suspecté à un moment ou à un autre à Florence. C’est ce qui est arrivé à Douglas Preston et Mario Spezi…
 
Dans les années 2000, l’auteur à succès, Douglas Preston, décide d’écrire un thriller qui a pour cadre Florence. Il s’y rend donc avec femme et enfants et rencontre Mario Spezi, un journaliste qui a couverts les faits divers pendant longtemps. Celui-ci se met à lui raconter l’histoire du Monstre de Florence qui tué un couple pas loin de là où habite Preston. Douglas Preston est rapidement fasciné par l’affaire et avec Spezi, il décide d’écrire un article pour le New Yorker.
 
Ils reprennent donc tout depuis le début et pensent avoir trouvé le coupable. Sauf, qu’à ce moment-là, l’affaire est toujours en cours et les policiers, les juges d’instruction qui enquêtent sont partis dans une direction complètement opposée à la leur. Au lieu de se baser sur les preuves pour trouver le coupable, ils ont des coupables et tordent les preuves dans tous les sens pour que celles-ci confirment leurs dires. Ils sont également aiguillés dans leur enquête par une illuminée romaine qui voit dans cette histoire un complot satanique qui implique tellement de personne que bientôt Mario Spezi est devenu le principal suspect et est envoyé en préventive. Douglas Preston est, quant à lui, soupçonné de complicité et de faux-témoignage ! Pour se sortir de ce guêpier judiciaire, il leur aura fallu beaucoup d’opiniâtreté et de courage. Ce livre est le récit de leur enquête et de leurs multiples déboires avec la justice italienne.
 
Ce documentaire ce lit comme un roman, il n’y a pas de temps mort ! On commence par l’histoire de Spezi, qui a couvert pour son journal les crimes du Monstre dès le début. Puis on arrive au récit de Preston et leur enquête. C’est passionnant, édifiant et effrayant. Les meurtres sont atroces, pas de doute là-dessus mais l’hystérie judiciaire qui a suivi fait froid dans le dos. Des innocents sont envoyés en prison, des réputations sont salies par les insinuations des uns et des autres. L’histoire du Monstre a inspiré Thomas Harris pour la suite du Silence des agneaux, certains lieux de la ville ont servi de cadre au tournage du film Hannibal de Ridley Scott.
 
Mais près de 50 ans après les meurtres, cette affaire hante toujours les habitants de Florence et il est fort probable que, contrairement à un roman, on ne sera jamais sûr à 100% si la théorie de Preston et Spezi est exacte même si c’est la plus probable au regard des preuves matériels et du profil établi par la FBI…
 
Mon premier « True Crime », genre littéraire qui n’a pas encore de traduction en français du fait du peu de public en France pour ce type d’ouvrage, c’est très instructif et passionnant. Le sujet est, certes, difficile car on est dans la réalité et plus la fiction et on ne peut s’empêcher de penser avec émotion aux victimes et à leurs proches, mais l’enquête des auteurs tient haleine le lecteur autant que le ferait un bon thriller je pense…
 
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documentaire,Mario Spezi,douglas preston

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21 novembre 2016

Une si jolie petite fille

documentaire,Gitta SerenyUne si jolie petite fille : les crimes de Mary Bell de Gitta Sereny paru en 2014 chez Plein Jour (existe aussi en poche).
 
Gitta Sereny est journaliste. Après avoir fui l’avancée nazie en Autriche, elle arrive en France où elle s’occupe d’enfants réfugiés pendant l’occupation allemande. Prévenue de sa prochaine arrestation, elle fuit à nouveau, vers les États-Unis cette fois. Après la guerre, elle retourne en Europe où elle participe alors à un programme de prise en charge des enfants survivants et orphelins des camps nazis et aussi des enfants séparés de leurs parents pour être « placés » dans des familles « aryennes ». Elle couvre également de nombreux procès de criminels de guerre nazis. Gitta Sereny n’est donc pas étrangère au mal, elle en a vu le résultat de ses propres yeux.
 
1968 à Newcastle, en Angleterre, Gitta Sereny suit pour son journal un procès inédit : celui de deux petites filles de 11 et 13 ans, Mary Bell et Norma Bell (sans lien de parenté), qui sont accusés d’avoir tué deux petits garçons, Martin, 4 ans et Brian, 3 ans. Mary Bell sera jugée coupable. Norma Bell sera acquittée. Mary restera en prison jusqu’à ses 23 ans et vit actuellement sous une nouvelle identité pour la protéger de la vindicte populaire. Ces meurtres ont révolté les commentateurs, la population mais aussi les juges.
 
Presque 30 ans après son premier livre sur cette affaire, Gitta Sereny a retrouvé Mary Bell pour que celle-ci explique enfin ce qui l’a poussé à tuer deux enfants alors qu’elle n’avait même pas 11 ans. Gitta Sereny se penche également sur l’inadéquation totale du système judiciaire ou pénal concernant les crimes commis par des enfants. De plus, le passé de Mary a été ignoré. La justice préférant l’explication plus facile à admettre : cette enfant est mauvaise, elle porte le mal. Même si cela n’excuse pas ses crimes, l’enfance de Mary Bell aurait dû être révélée et elle aurait dû être protégée par les services sociaux…
 
Car Mary Bell, à 11 ans, avait déjà été victime de quatre tentatives de meurtres de la part de sa mère. Celle-ci, prostituée à Glasgow a utilisé sa fille dans son « commerce » à partir de l’âge de 4 ans. À 8 ans, Mary s’est rebellée mais a continué à se prostituer seule dans son quartier, sa mère la rackettant à l’occasion pour récupérer l’argent des passes. Mary a également subi de nombreux actes de violence physique et psychologique de la part de cette mère ! Comment dans ces conditions, grandir et se développer avec harmonie surtout quand la personne qui est censée vous aimer et vous protéger vous trahit à ce point ?
 
Paradoxalement, c’est dans l’enfermement à la prison avant d’être envoyée dans une sorte de maison de redressement pour garçons délinquants (il n’y avait aucune structure pour accueillir une petite fille si jeune !) que Mary a réussi à trouver une sorte de stabilité et a pu avancer psychologiquement. Pourtant, il lui en a fallu du temps avant d’admettre qu’elle était bien coupable et d’essayer de mettre des mots sur sa souffrance !
 
Ce livre n’est en rien un moyen d’excuser Mary Bell et de la dédouaner de ses crimes. Mais elle met en lumière le raté complet des institutions concernant les enfants criminels mais également, le manque d’attention porté aux enfants en souffrance. Triste répétition de cette affaire, en 1993, James Bulger, 2 ans et 11 mois, a été enlevé, torturé et tué par deux enfants de 10 ans dans la région de Liverpool et en 2009, deux garçons âgés de 9 et 11 ans ont été victimes de viol, torture et tentative de meurtre par deux frères de 10 et 12 ans…
 
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documentaire,Gitta Sereny

19:38 Publié dans Lectures | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : documentaire, gitta sereny |

05 novembre 2016

L’Affaire de Road Hill House

documentaire,Kate SummerscaleL’Affaire de Road Hill House de Kate Summerscale paru en 2009 chez 10/18.
 
1860, dans la province anglaise, un enfant de 3 ans est retrouvé assassiné. Qui a tué le petit Saville Kent ? Un des membres de sa famille issue de la bourgeoisie ou un vagabond de passage ?
 
Pour la police locale, il est hors de question de suspecter la famille Kent qui est des plus respectables. Pour l’inspecteur de Scotland Yard envoyé sur place, c’est forcément là que le coupable se trouve. L’enfant a été enlevé de son lit dans la chambre qu’il partageait avec la nurse. La maison était verrouillée de l’intérieur et le corps de l’enfant a été retrouvé à l’extérieur dans les latrines.
 
Saville Kent est issu du second mariage du père. À la mort de sa première femme, il a épousé la nurse. Les enfants du premier mariage vivent dans la maison. C’est vers eux que les soupçons de l’inspecteur se portent.
 
Cette affaire a bien évidemment fait la une des journaux et a inspiré les romanciers de l’époque comme Wilkie Collins avec La Pierre de lune. Charles Dickens lui-même se passionne pour l’affaire. De nombreuses personnes ont écrit à Scotland Yard de toute l’Angleterre pour donner leur avis sur l’enquête et sur les coupables probables. Pour la société bourgeoise de l’époque, l’intrusion de la police et d’un inspecteur issu du peuple dans le foyer, lieu hautement sacré, est révoltant.
 
Mais malgré les efforts de l’inspecteur, il lui faudra attendre de nombreuses années avant que quelqu’un de la famille ne se dénonce, peut-être pour protéger une autre personne.
 
Le sujet de ce documentaire est intéressant mais la lecture est assez laborieuse. Contrairement à Erik Larson, Kate Summerscale a une écriture plus lourde et moins entraînante même si comme Larson, elle ne se base que sur des documents d’époque et ne romance pas son récit.
 
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documentaire,Kate Summerscale

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