20 juillet 2008
Toujours prêt, Jeeves ?
Toujours prêt, Jeeves ? de P-G Wodehouse paru en 2007 chez 10/18 « Domaine étranger ».
Résumé de l’éditeur :
« Mais quelle mouche a donc piqué Bertram Wooster ? Profitant de l'absence de Jeeves, il s'est laissé pousser une fine moustache comme en portent les acteurs à la mode. Comment lui, l'arbitre des élégances de la bonne société britannique, a-t-il pu se laisser aller à un tel faux pas ? Personne dans son entourage ne saurait en effet soutenir sans un haut-le-cœur la vision de cet écoeurant filet de poils. Personne, sauf Florence Craye, une ancienne fiancée, dont ce nouvel attribut viril va inopportunément ranimer la flamme. Et voilà Bertie dans une position bien délicate au moment même où sa tante Dahlia aurait le plus grand besoin de son aide... »
J’aime : le côté désuet des histoires et de l’écriture car publié dans les années 50 mais se passant entre les deux guerres. Les rapports de Bertie et de Jeeves car Jeeves – le majordome – sait tout, a réponse à tout et arrive toujours à sortir Bertie des embrouilles dans lesquelles il plonge la tête la première. L’humour typiquement britannique et bien sûr les aventures abracadabrantes de Bertie, de ses relations compliquées avec les femmes (c’est un indécrottable célibataire qui fait tout pour éviter de se marier mais se trouve souvent fiancé à « l’insu de son plein gré »… c’est vraiment pas de bol !) mais aussi les complets excentriques qui forment sa parenté et que l’on retrouve souvent de roman en roman.
J’aime pas : rien du tout ! C’est P.G. Wodehouse, bon sang de bois !!! et c’est toujours un plaisir de le lire…
17:24 Publié dans Livre | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : littérature anglaise
07 mai 2008
Lola et ses ex
Tyne O’Connell, Lola et ses ex, paru en 2008 chez Harlequin « Red Dress Ink ».
Lola s’occupe des relations publiques d’un club de Londres, boulot super glamour, faut le reconnaître ! Un soir, elle tombe sur trois de ses ex qui semblent s’entendre comme larrons en foire et ça lui fout un peu les boules, surtout quand elle voit un des ces hommes, Richard, son ex-mari, en compagnie d’une « grande perche blonde ». Elle se demande alors si elle a donné suffisamment de chance à son couple de réussir et essaye de reconquérir Richard tout en oubliant au passage, pourquoi elle avait divorcé la première fois car il est volage, se drogue et boit trop d’alcool.
Ce roman m’a été prêté par une lectrice, ce qui est vraiment très sympa de sa part. Connaissant l’auteur, ayant apprécié ses précédents romans (Sexe, mensonges et quiproquos, Tendance "pot de colle" et Trente ans ou presque) et les recommandant volontiers aux fans de chick lit’, je me croyais en terrain connu et je m’apprêtais à savourer cette lecture.
Mais là… Grosse déception ! Le roman n’est pas drôle, pas divertissant, avec des répétitions et manifestement, des problèmes au niveau du style. Je pense que cela est dû en grande majorité à la traduction qui est vraiment affreuse.
Quelques exemples :
« […] avec les voix douces de Wyclé Jean et de Mary J. Blige en fond sonore. »
Wyclé ?!?!? Ok, on peut écrire une « clé » ou une « clef » mais là, c’est un prénom… On dit WyCLEF Jean !
« Je grimpe dans le lit et je me blottis contre mon luxueux oreiller de coton garnie de duvet d’oie égyptien. »
Si je connais la qualité du coton égyptien – et son prix parfois faramineux –, je n’ai jamais entendu parlé du duvet d’oie égyptien… À lire ces extraits, on croirait une mauvaise traduction automatique !
C’est un roman ultra formaté, évidemment, étant un Harlequin, ça surprend pas des masses, mais j’espérais qu’ils aient fait des efforts avec cette nouvelle collection. Qu’il fasse de la chick lit’, pourquoi pas mais alors, qu’ils le fassent bien !
Bien sûr, pour nuancer cette critique et être parfaitement honnête, je devrais essayer de lire un autre titre de la collection. Histoire de voir si ce roman est un accident de parcours ou si c’est toute la collection qui est naze… mais, j’avoue, je n’ai pas trop le courage de m’infliger ça !
19:00 Publié dans Livre | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : litérature anglaise, chick lit
20 avril 2008
Soleil de plomb
Lesley Glaister, Soleil de plomb paru en 2007 chez Pocket.
Une jeune femme, Cassie, répond à une petite annonce. Un particulier recherche un couple pour s’occuper de sa propriété dans le bush australien. Il s’agit d’effectuer de menus travaux, de tenir la maison, de faire du jardinage et s’occuper de sa femme malade. Le couple doit rester un an, il touchera 25 000 $ australiens.
Cassie embarque donc son petit ami dans l’aventure. Ils ont tout les deux des problèmes dans leur couple. Graham est artiste peintre mais ne travaille plus beaucoup et il est infidèle. Cassie, de son côté, souhaiterait avoir un enfant mais à chaque fois qu’elle évoque le sujet, Graham par en courant. Cette offre d’emploi apparaît donc comme une opportunité pour relancer et raffermir son couple.
Sur place, ils sont d’abord terrassés par la chaleur du printemps austral. Peu à peu, ils découvrent que leur patron est un homme assez étrange.
L’atmosphère du roman est assez oppressante. Le patron fait tout pour les laisser dans l’isolement et le dénuement le plus total : pas de courrier (les nombreuses lettres de Cassie à sa famille restent sans réponse), pas de téléphone (aucun moyen d’aller en ville), pas de salle de bain et les commodités dans le jardin. Le couple se sent observé continuellement et l’ambiance se fait de plus en plus invivable.
Malheureusement je n’ai pas vraiment apprécié ce roman, non pas qu’il soit trop tordu pour moi, d’habitude j’aime bien ce genre d’histoire mais j’ai eu l’impression qu’il manquait quelque chose pour qu’il soit vraiment captivant.
17:03 Publié dans Livre | Lien permanent | Commentaires (1) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : littérature anglaise, thriller
03 avril 2008
Ralph’s Party
Lisa Jewell, Ralph’s Party paru en 2007 chez LGF « Le Livre de Poche ».
Imaginez une maison victorienne à Londres. Une maison partagée en trois appartements. Au rez-de-chaussée, habitent deux copains de lycée, Smith et Ralph. Au premier étage, Siobhan et Karl. Et au dernier étage, Cerise.
Smith et Ralph recherchent un nouveau colocataire. C’est Jemina qui sera retenue pour loger dans la chambre supplémentaire de leur appartement. Mais Jemina, n’est pas vraiment là par hasard, elle est persuadée que l’amour de sa vie vit dans cette maison. Elle en a rêvé tant de fois qu’elle y voit une prémonition. Problème : qui est l’heureux élu ? Smith ou Ralph ? Elle se décide finalement pour Smith. Celui-ci est désespérément amoureux de Cerise, la fille du dernier étage et pense que Cerise, le voyant « en main » va accourir dans ses bras. Et puis, ça fait plus de 5 ans qu’il n’a pas eu de copine, trop obnubilé par sa passion sans retour pour elle, alors Jemina est un bon pis-aller. Sauf que Ralph tombe amoureux de Jemina qui le requinque suffisamment pour reprendre sa carrière d’artiste peintre qu’il avait mis de côté depuis sa sortie de l’école des Beaux-arts.
Au premier, Siobhan est déprimée. Elle s’interroge sur son mariage, végète et prend du poids. Elle se dégoûte elle-même, ne sent affreuse, ne supporte plus que son mari la touche alors qu’il est toujours fou amoureux d’elle. Mais cet amour n’empêche pas Karl de coucher avec Cerise, une vraie mangeuse d’homme. Siobhan lors d’un week-end où elle accompagne son mari hors de Londres, flirte avec le boss de celui-ci et reprend peu à peu confiance en elle. Oui, elle est toujours séduisante, même avec ses kilos en trop. A son retour, elle apprend l’incartade de son mari et quitte le domicile conjugal. Karl est animateur radio, complètement abattu par ce départ, pète un câble et s’épanche en direct dans son émission…
Bref, je vais m’arrêter là, c’est du vaudeville façon chick lit’.
J’ai pas trop accroché ce roman, j’ai trouvé les situations grotesques, pas vraiment drôles et les personnages assez débiles.
15:44 Publié dans Livre | Lien permanent | Commentaires (1) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : littérature anglaise, chick lit
29 mars 2008
Le Seigneur de Bombay
Vikram Chandra, Le Seigneur de Bombay paru en 2008 chez Robert Laffont.
Les premiers mots qui viennent quand on termine ce roman c’est « Ouf ! Enfin… ». Car c’est vraiment un très gros roman, plus de 1 000 pages, ça a de quoi décourager. Mais ça serait dommage car c’est un roman passionnant et très dense.
Deux histoires se déroulent en parallèle tout au long du récit. Il y a d’abord celle de Sartaj Singh, un modeste inspecteur de Bombay. Il est sikh, divorcé et fils de policier. Sa route croise celle de Ganesh Gaitonde, un roi de la pègre. Celui-ci vit caché dans un bunker en plein cœur de Bombay alors qu’il est recherché par la police indienne. Sartaj est prévenu de sa présence par un informateur anonyme. Arrivé sur les lieux, il commence à discuter avec Ganesh par l’interphone en attendant le bulldozer qui permettra à la police d’investir le bunker. Une fois à l’intérieur, Sartaj découvre deux corps. Celui d’une femme et celui de Ganesh. Il a abattu cette femme avant de se suicider. Comme alors la deuxième histoire, celle de Ganesh. C’est le récit de son ascension dans le monde de la mafia de Bombay. Sartaj va enquêter sur les circonstances de la mort de Ganesh et essayer de répondre à cette question : pourquoi Gaitonde s’était-il construit un abri anti-atomique dans Bombay ?
Le roman évoque l’Inde sans faire de concession, on y voit la corruption qui gangrène les institutions, les trafics à tous les niveaux, les tensions religieuses, la pauvreté, la prostitution. On va des taudis de Bangladeshi aux appartements d’acteurs de Bollywood. C’est le portrait de l’Inde moderne mais Chandra revient également sur la partition de l’Inde et sur la conservation de pratiques féodales dans certaines provinces.
La lecture de ce livre est malgré tout ralentie par l’utilisation de nombreux termes en hindi, qui, certes, font « couleur locale » mais oblige à se reporter fréquemment – trop fréquemment – au (très) important glossaire situé en fin d’ouvrage. De plus, j’ai eu l’impression que, parfois, certaines notions étaient assez complexes pour quelqu’un qui ne connaît pas du tout la civilisation indienne et que, aussi captivant soit-il, ce roman embrouille un peu le lecteur.
07:04 Publié dans Livre | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : littérature indienne, roman policier
15 mars 2008
Le Siècle des Chimères
Philippe Cavalier, Les Ogres du Gange, Les Loups de Berlin, Les Anges de Palerme et La Dame de Toscane paru en 2005, 2006 et 2008 aux Éditions Anne Carrière.
Chaque roman de cette tétralogie a pour héros un personnage précis que l’on suit de près ou de loin tout au long des quatre tomes. Dans le premier, David Tewp débarque à Calcutta juste avant la seconde guerre mondiale comme jeune recrue du MI6. Ce qui démarre comme un pur roman historique se déroulant lors de cette époque très trouble devient vite un roman d’aventures mêlant fiction et paranormal avec la grande Histoire. En Inde, Tewp se retrouve confronté à un couple très étrange, Laüme et Dalibor Galjero, qui nonobstant des sympathies pour les régimes fascistes, pratiquent des sacrifices humains et manipulent les êtres par des actes de sorcellerie.
Dans le deuxième tome, nous suivons Thörun Gärensen, un jeune Norvégien, qui se voit obligé de devenir Nazi par chantage. Il intègre alors l’Ahnenerbe, cette institution nazie chargée de valider les thèses du régime sur la supériorité raciale des Aryens. Il rencontre alors le couple Galjero qui deviennent des familiers d’Hitler car ils sont capables de créer des fétiches pour protéger les plus hauts dignitaires du régime.
Dans le troisième tome, le personnage principal est Lewis Monti qui débarque au États-unis de sa Sicile natale après que sa mère et grand-mère aient été tuées par les villageois car accusées de sorcellerie. À New York, Monti est incorporé dans la mafia dont il monte peu à peu les échelons jusqu’à devenir don, chef de famille et, accessoirement, élu sénateur. C’est à ce moment là que sa route croise celle de Laüme Galjero venue s’assurer du soutien de la mafia au régime fasciste italien.
Tous les trois ont eu à souffrir de ce couple qui a torturé, assassiné leurs proches et c’est pourquoi, sous la houlette d’un lord anglais dont les deux enfants ont été tué par le couple, ils s’associent pour détruire Laüme et Dalibor.
Cela ne va pas sans difficultés tant ils semblent protégé par des forces occultes et le dernier tome nous apprend qui est Dalibor et ce qu’est Laüme.
Il faut reconnaître que cette saga est enthousiasmante et qu’il est très difficile d’en abandonner la lecture. L’auteur a su créer un climat de tension et de mystère autour de ses personnages tout en évitant la facilité. En effet, chaque personnage a ses failles et ses faiblesses. David Tewp est très naïf, à tel point qu’il préfère la compagnie d’enfants à celle d’adultes et cela l’empêchera d’être réceptif à de nombreuses choses. Thörun Gärensen est un opportuniste, s’il se lamente d’être pris au piège par les Nazis, il ne peut s’empêcher d’en admirer certains et de se reconnaître dans leurs thèses. Lewis Monti est ivre de vengeance, pourtant, en tant que mafioso il a pourtant utilisé de la plus extrême violence pour gravir les échelons. Lord Bentham, le financier de l’opération, dit vouloir venger ses enfants mais derrière cette posture de père de famille se cache la culpabilité de les avoir lui-même soumis au couple Galjero. Dalibor a tenté à de nombreuses reprises de se séparer de Laüme mais sa lâcheté l’en a empêché et pour finir, Laüme, celle-ci est prisonnière des besoins propres à ceux de son espèce, elle n’est pas humaine et sa voie est celle du sang.
Sous couvert de romans d’aventure très divertissant, il me semble que Cavalier va plus loin et dispose ainsi plusieurs niveaux de lecture.
09:30 Publié dans Livre | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : littérature française, roman historique, roman fantastique
11 mars 2008
Le Collier sacré de Montezuma
Juliette Benzoni, Le Collier sacré de Montezuma paru en 2007 chez Plon.
Voici de nouvelles aventures pour Aldo Morosini, spécialiste et marchand de pierres précieuses anciennes et, accessoirement, prince de Venise.
Il s’agit, cette fois-ci, de retrouver un collier d’émeraudes aztèques. C’est la rançon pour récupérer son ami, l’antiquaire Gilles Vauxbrun, enlevé juste avant son mariage religieux avec une belle Mexicaine. La famille de la mariée semble vite être responsable de cette disparition. Ils emménagent chez l’antiquaire, vendent certains biens, en déménagent d’autres dans un château basque qu’ils se sont fait offrir par Vauxbrun.
Pendant ce temps, Aldo a trois mois pour remettre la main sur ces pierres volées à l’ancêtre de la Mexicaine vers le milieu du 19ème siècle.
Si j’apprécie les pérégrinations joaillières d’Aldo Morosini, je dois reconnaître que depuis quelques temps, les romans dont il est le héros apparaissent un peu fade au regard des quatre premiers tomes.
Celui-ci est un peu mieux que le précédant que j’ai trouvé profondément assommant mais les rebondissements sont téléphonés, les protagonistes de plus en plus falots et si on soustraient les scènes d’action ou les dialogues qui dynamisent un peu le texte, le reste n’est que verbiage.
Vite lu, vite oublié. Tant pis ! Pour me consoler, puisque j’adore tout ce qui a trait aux diamants et autres pierres précieuses, je retourne sur le site de Famous Diamonds (en anglais) qui raconte l’histoire des plus célèbres et plus beaux diamants.
19:29 Publié dans Livre | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : littérature fançaise, roman historique
28 février 2008
Le Combat des ombres
Andrea H. Japp, La Dame sans terre, tome 4 : Le Combat des ombres paru en 2008 chez Calmann-Lévy.
Il s’agit d’une suite à la trilogie de La Dame sans terre (1er tome ici, 2ème tome là et 3ème tome là).Ce dernier tome est un ouvrage de commande puisque Andrea H. Japp a cédé à la pression des lecteurs et lectrices qui brûlaient de connaître le devenir des personnages et surtout d’avoir des réponses aux énigmes des romans. En effet, je trouve très astucieux qu’elle ai délibérément choisi de ne pas révéler les tenants et aboutissants de la quête que suivent les héros des livres, toutes les possibilités d’interprétation sont ouvertes aux lecteurs même si ça peut être très frustrant ! Cela évite les affirmations farfelues que l’on peut retrouver dans d’autres romans, comme le Da Vinci Code, qui surfent sur le même type de sujet.
Andrea H. Japp souscrit aux codes du genre mystico-historique, on retrouve dans ses romans une belle héroïne, Agnès de Souarcy, que la vie n’a pas épargnée, confrontée à des forces occultes qui cherchent à la détruire depuis qu’une prophétie a été révélée indiquant que c’est par elle et sa descendance que naîtra Jésus-Christ comme il est dit dans l’Apocalypse de Saint Jean.
L’histoire se passe au 14ème siècle, en plein Moyen âge peu de temps avant la chute de l’Ordre du Temple. C’est une époque que je ne connais pas très bien, je ne m’y suis jamais vraiment intéressée lors de mes études d’histoire de l’art mais je trouve que Japp la restitue de manière plaisante, utilisant le vocabulaire et les termes de l’époque. Je trouve également qu’ils y a une certaine subtilité dans la construction de ses personnages car si les « gentils » sont un peu monolithiques, il n’en va pas de même pour les « méchants ». On s’aperçoit, surtout dans ce dernier tome, qu’il cherche à faire le bien en utilisant tous les moyens à leur disposition, même les plus vils.
Une tétralogie palpitante à lire si on aime les mystères qui tournent autour de la religion chrétienne et si on ai friand de romans historiques !
19:35 Publié dans Livre | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : littérature française, roman historique
22 février 2008
Le Chant de la Mission
John Le Carré, Le Chant de la Mission paru en 2007 au Seuil.
Le zèbre de ce roman, c’est Bruno Salvador dit Salvo, enfant secret d’un missionnaire catholique irlandais et d’une villageoise congolaise. Salvo a un don pour les langues, pour leur sonorité, leur chant et en dehors de l’anglais, du swahili et du français, il parle de nombreuses langues d’Afrique Équatoriale.
En Angleterre, marié à une journaliste de tabloïd, il est donc tout naturellement devenu interprète. Interprète à l’hôpital, au poste de police, pour des entreprises privées mais aussi et surtout, pour l’État. Il vit à Londres, dans le Londres méfiant et xénophobe post-attentat en 2005. Salvo n’est pas heureux en mariage, sa femme – blanche – l’a épousé pour de mauvaises raisons, pour se rebeller contre sa famille. Avec elle, il se sent très anglais mais c’est sa part congolaise que sa maîtresse, Hannah, infirmière à l’hôpital et originaire également du Kivu, fait ressortir.
Son travail pour l’État amène Salvo à participer à une opération organisé par un « Syndicat anonyme » dont le but est de déclencher un soulèvement au Congo avec l’aide deux chefs de guerre, d’un riche entrepreneur de Bukavu et d’un homme providentiel qui s’impatiente de parvenir au pouvoir par les moyens réguliers. Le syndicat avance les capitaux, provenant d’hommes d’affaires occidentaux, en échange de quoi il s’octroie une partie des richesses du pays : or, diamant, uranium, pétrole et coltan indispensable au fonctionnement de nos nombreux appareils électroniques comme les téléphones portables ou les consoles de jeu !
Mais Salvo a des valeurs et, avec Hannah, il va tenter de faire échouer ce putsch pour que le Congo qu’il aime tant ne se retrouve pas, encore une fois, pris dans la tourmente des massacres.
Un très bon roman de politique fiction bien écrit et à l'humour grinçant mais aussi très inquiétant… Au point de se demander si c’est vraiment de la fiction.
14:20 Publié dans Livre | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : littérature anglaise
26 janvier 2008
Noyade interdite
Amy Tan, Noyade interdite paru en 2007 chez Buchet-Chastel
Onze touristes américains, originaires de San Francisco, doivent partir en voyage organisé, accompagnés par Bibi Chen, marchande d’arts asiatiques et mécène. Ce voyage commence en Chine pour suivre la route de Birmanie et s’achever dans ce pays.
Malheureusement, Bibi décède dans des circonstances mystérieuses juste avant le départ. Les touristes décident de partir malgré tout et de trouver un nouvel accompagnateur.
Le roman commence donc comme un « road trip » où nous suivons les péripéties de ces voyageurs. Le narrateur omniscient n’est autre que Bibi elle-même, en tant que fantôme.
Ce qui est amusant, c’est que c’est touristes, pourtant de milieu social aisé, se comportent n’importe quel touriste de bas avec amourettes à la clef, émerveillements bruyants, commisération opportune et jugements à l’emporte-pièce sur les situations politiques des pays traversés (qu’ils seraient incapables de situer sur un planisphère de toute façon). Cela commence en Chine dans un temple excavé, par erreur, Harry urine sur un autel. Le groupe se fait chasser manu militari par les autochtones qui les maudissent jusqu’à la xème génération !
En Birmanie, le même Harry, ne rendant pas hommage aux Nats, des esprits assez vindicatifs, se retrouve abandonné par le car au bord de la route et conduit par la police militaire au poste.
Un jeune homme du groupe, Rupert, adepte des tours de passe-passe avec les cartes est pris pour la réincarnation d’une divinité par les Karens qui décident alors de le kidnapper, lui et son « escorte ».
Voilà comment dix touristes (moins un, resté à l’hôtel pour cause de gueule de bois) et leur accompagnateur se retrouvent dans la jungle, retenus sous de faux prétextes par une tribu attend d’eux d’être sauvé de la répression politique.
J’ai trouvé l’idée assez amusante d’utiliser un fantôme comme narrateur, d’autant plus qu’Amy Tan, dans sa préface, raconte que cette histoire de touristes perdus est véridique. Elle a retrouvé par hasard la transcription de ce voyage fait en écriture automatique par une médium de Californie.
Rien de tout cela n’est vrai, mais Amy Tan a suffisamment de talent pour nous le faire croire (ou alors je suis très crédule dans mon genre, ce qui n’est pas impossible !). Elle arrive également à restituer le pays et sa population alors qu’elle n’a jamais mis ne serait-ce qu’un orteil en Birmanie.
19:25 Publié dans Livre | Lien permanent | Commentaires (1) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : littérature américaine














