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05 novembre 2007

L’essence de l’adolescence

0442a39b3c4ff45e46c3c620007c6aff.jpgCampus de Curtis Sittenfeld paru en 2007 chez Presses de la Cité.

Lee Fiora a quatorze ans quand elle rentre dans un pensionnat huppé de la côte est des États-unis, quittant sa famille et l’Indiana. C’est une très bonne élève qui souhaite faire partie d’un monde élitiste et fermé, celui des fils et filles de bonnes familles, des « banquiers », ceux qui vont en vacances dans les endroits chics et classes, bref, des familles très « Kennedy ».

Lee est boursière, sa famille est plutôt classe moyenne inférieure. Tout de suite, elle se sent donc en décalage avec ses camarades de classe. Elle les observe beaucoup, se mettant délibérément en retrait tout en souhaitant être comme eux.

Petit à petit, elle arrive à se lier d’amitié avec quelques camarades, une jeune coréenne, une jeune fille d’origine mexicaine qui est en fait la fille d’un magnat du pétrole et finalement Martha, issue d’une famille riche bien sûr mais quand même moins que certains. Sa scolarité ne se fait pas sans heurt car si elle était première de sa classe et chouchoutée par ses profs dans sa ville natale, ce n’est pas la même chose dans cette école privée à l’enseignement de qualité. Alors elle surnage, se confortant dans sa transparence. Vivant les émois de toutes jeunes filles du même âge, les coup de foudre, les trahisons tout en étant pensionnaire et se détachant de sa famille car elle se sent différente.

Le récit est construit selon les saisons et nous suivons Lee de son entrée en 3ème jusqu’en terminale et à la remise du diplôme. Le titre français est assez mal choisi puisqu’un campus fait penser aux études supérieurs et pourrait laisser croire que le sujet du livre est le même que celui de Tom Wolfe dans Moi, Charlotte Simmons or ce n’est pas du tout le cas. L’histoire de Curtis Sittenfeld se passe dans une « Prep’ School », une école « préparatoire » un peu comme nos pensionnats sélect et traditionnels.

Curtis Sittenfeld est elle-même allée à Groton lorsqu’elle était jeune, elle connaît bien ces écoles privées mais plus qu’une diatribe sur un système qui glorifie les élites, Campus est le roman d’une adolescence un peu troublée. Troublée par l’éloignement familial, par les sentiments et les sensations somme toute assez communs à tous les adolescents. Lee est une adolescente comme tant d’autres mais évolue dans un cadre particulier où les bouleversements propres à l’adolescence n’en sont que plus forts.

Campus est un premier roman à l’écriture maîtrisée et au récit fluide que j’ai trouvé enthousiasmant et plus universel que ne l’est le roman de Tom Wolfe.

23:10 Publié dans Lectures | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : littérature américaine, curtis sittenfeld |