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21 novembre 2016

Une si jolie petite fille

documentaire,Gitta SerenyUne si jolie petite fille : les crimes de Mary Bell de Gitta Sereny paru en 2014 chez Plein Jour (existe aussi en poche).
 
Gitta Sereny est journaliste. Après avoir fui l’avancée nazie en Autriche, elle arrive en France où elle s’occupe d’enfants réfugiés pendant l’occupation allemande. Prévenue de sa prochaine arrestation, elle fuit à nouveau, vers les États-Unis cette fois. Après la guerre, elle retourne en Europe où elle participe alors à un programme de prise en charge des enfants survivants et orphelins des camps nazis et aussi des enfants séparés de leurs parents pour être « placés » dans des familles « aryennes ». Elle couvre également de nombreux procès de criminels de guerre nazis. Gitta Sereny n’est donc pas étrangère au mal, elle en a vu le résultat de ses propres yeux.
 
1968 à Newcastle, en Angleterre, Gitta Sereny suit pour son journal un procès inédit : celui de deux petites filles de 11 et 13 ans, Mary Bell et Norma Bell (sans lien de parenté), qui sont accusés d’avoir tué deux petits garçons, Martin, 4 ans et Brian, 3 ans. Mary Bell sera jugée coupable. Norma Bell sera acquittée. Mary restera en prison jusqu’à ses 23 ans et vit actuellement sous une nouvelle identité pour la protéger de la vindicte populaire. Ces meurtres ont révolté les commentateurs, la population mais aussi les juges.
 
Presque 30 ans après son premier livre sur cette affaire, Gitta Sereny a retrouvé Mary Bell pour que celle-ci explique enfin ce qui l’a poussé à tuer deux enfants alors qu’elle n’avait même pas 11 ans. Gitta Sereny se penche également sur l’inadéquation totale du système judiciaire ou pénal concernant les crimes commis par des enfants. De plus, le passé de Mary a été ignoré. La justice préférant l’explication plus facile à admettre : cette enfant est mauvaise, elle porte le mal. Même si cela n’excuse pas ses crimes, l’enfance de Mary Bell aurait dû être révélée et elle aurait dû être protégée par les services sociaux…
 
Car Mary Bell, à 11 ans, avait déjà été victime de quatre tentatives de meurtres de la part de sa mère. Celle-ci, prostituée à Glasgow a utilisé sa fille dans son « commerce » à partir de l’âge de 4 ans. À 8 ans, Mary s’est rebellée mais a continué à se prostituer seule dans son quartier, sa mère la rackettant à l’occasion pour récupérer l’argent des passes. Mary a également subi de nombreux actes de violence physique et psychologique de la part de cette mère ! Comment dans ces conditions, grandir et se développer avec harmonie surtout quand la personne qui est censée vous aimer et vous protéger vous trahit à ce point ?
 
Paradoxalement, c’est dans l’enfermement à la prison avant d’être envoyée dans une sorte de maison de redressement pour garçons délinquants (il n’y avait aucune structure pour accueillir une petite fille si jeune !) que Mary a réussi à trouver une sorte de stabilité et a pu avancer psychologiquement. Pourtant, il lui en a fallu du temps avant d’admettre qu’elle était bien coupable et d’essayer de mettre des mots sur sa souffrance !
 
Ce livre n’est en rien un moyen d’excuser Mary Bell et de la dédouaner de ses crimes. Mais elle met en lumière le raté complet des institutions concernant les enfants criminels mais également, le manque d’attention porté aux enfants en souffrance. Triste répétition de cette affaire, en 1993, James Bulger, 2 ans et 11 mois, a été enlevé, torturé et tué par deux enfants de 10 ans dans la région de Liverpool et en 2009, deux garçons âgés de 9 et 11 ans ont été victimes de viol, torture et tentative de meurtre par deux frères de 10 et 12 ans…
 
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documentaire,Gitta Sereny

19:38 Publié dans Lectures | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : documentaire, gitta sereny |