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03 avril 2013

L’Empreinte des amants

littérature irlandaise,thriller,roman fantastique,john connollyL’Empreinte des amants de John Connolly paru en 2010 chez Presses de la Cité (aussi disponible en poche).

Charlie Parker, ex-flic de New York et désormais détective privé, a eu sa licence suspendue à cause d’une enquête sur sa personne. Il décide alors, puisqu’il ne peut plus s’occuper de nouvelles affaires, d’élucider un mystère de son enfance : les évènements qui ont conduit son père à se suicider alors qu’il avait 15 ans.

Son père, officier de police respecté par ses collègues, a assassiné deux jeunes gens, un garçon et une fille. La raison qu’il donne aux inspecteurs de la police des polices ne tient pas la route. En effet, Will Parker a déclaré aux policiers qu’il pensait que le jeune homme était armé et allait faire feu et que la jeune fille s’est précipité sur le corps de son petit-ami allait attraper l’arme pour abattre le policier. Mais aucune arme n’a été retrouvée sur les corps. Une fois rentré chez lui après un long interrogatoire, Will Parker s’est tiré une balle dans la tête.

Pour Charlie Parker, cet évènement fut le déclencheur de sa carrière, il s’est engagé dans la police pour essayer de rattraper le mal que son père a fait en assassinant ces adolescents. Mais le temps passant, pour lui c’est le moment de connaître ses origines d’autant plus qu’un tueur en série qu’il traque depuis de nombreuses années a insinué que Charlie ne serait pas celui qu’il pense être.

Ce roman policier est tellement intrigant que je l’ai lu en une seule bouchée ! L’auteur combine histoire policière avec une pincée de fantastique. Un mélange particulièrement enthousiasmant qui me donne envie de découvrir les autres romans de l’auteur où Charlie Parker est le personnage principal.

Car même si l’histoire est ici indépendante des autres romans, en le lisant, on sent bien que les évènements le précédent ont une grande importance dans le développement du personnage. Et pour finir, quelques mots sur le style : il est vraiment bien ! L’auteur a fait un vrai travail d’écriture sans mettre de côté le soin porté à la construction de l’intrigue. Voilà un auteur dont je vais suivre très attentivement la bibliographie !

Vous voulez en lire un extrait ?
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13:03 Publié dans Lectures | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : littérature irlandaise, thriller, roman fantastique, john connolly |

31 juillet 2010

Un homme trop charmant

Un homme trop charmant.jpgUn homme trop charmant de Marian Keyes paru en 2010 chez Pocket.

À Dublin, Lola, Grace et sa sœur jumelle Marnie apprennent que Paddy de Courcy va épouser Alicia Thornton.

Le choc est rude pour Lola, styliste à la mode chez les dames de la haute bourgeoisie dublinoise. Elle qui pensait que sa relation avec Paddy était exclusive mais en y repensant, elle se rend compte qu’il a toujours tout fait pour cacher leur liaison.

Marnie est mère de deux enfants, épouse d’un homme charmant, se remémore sa passion intense pour Paddy lors de sa jeunesse.

Grace, journaliste, va tout faire pour étaler au grand jour la vraie personnalité de cet homme.
Mais qui est donc Paddy de Courcy ? C’est un homme politique en vogue, apprécié de la gente féminine qui le trouve irrésistible tellement son charisme est puissant.

Chacune de ces trois femmes va évoquer son quotidien en revenant peu à peu sur leur relation avec Paddy et là, le portrait de cet homme si charmant se fissure jusqu’à l’explosion.

J’ai le chic en ce moment pour tomber sur de la chick lit’ qui n’en ai pas vraiment et là, je dois reconnaître que Marian Keyes s’est surpassée ! Attention, je ne dis pas que je suis déçue, loin de là, mais la couverture de ce roman et, surtout, sa quatrième de couverture sont trompeurs.

Nous ne sommes pas dans une comédie romantique où l’on suit l’histoire d’une fashion victime qui se ruine pour des Manolo Blahnik. Si on trouve de l’humour et du romantisme, le chemin pour y parvenir est plutôt rude. Paddy de Courcy est un personnage exécrable. Bon, là, on pourrait croire que c’est une histoire de trois femmes pour un homme, il y en a une de trop, des répliques hilarantes, un peu de libertinage et tout finit bien…

Ça c’est ce que laisse supposer le commentaire de la ou du journaliste de Modes et Travaux dont une citation se trouve sur la quatrième de couverture : « Un croustillant marivaudage à l’anglaise ». Cette personne a dû trop sniffer de paillettes car : 1) le roman est irlandais et 2) comment peut-on parler de marivaudage quand le sujet principal du roman est la violence faite aux femmes (violence physique et/ou psychologique). Car Paddy de Courcy est un monstre, un manipulateur sans scrupule qui ne prend son pied que quand il anéanti une femme. Bon là, j’ai sévèrement douché l’enthousiasme de mes consœurs aficionadas de chick lit’…

Malgré tout, n'hésitez pas à lire ce roman, certes, il y a quelques passages difficiles car le sujet est révoltant mais étrangement, j’ai beaucoup rit en lisant certaines parties quand j’ai été émue à d’autres en colère souvent, écœurée parfois mais à la fin, ravie de voir ces femmes se soutenir, se relever et retrouver leur dignité en affrontant leur bourreau.
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I Chase Small Miracles. (Listening to Suede) de Alice Swanson

04:49 Publié dans Lectures | Lien permanent | Commentaires (2) | Tags : littérature irlandaise, chick lit, marian keyes |

07 mai 2010

Réponds, si tu m’entends

Réponds si tu m'entends.jpgRéponds, si tu m’entends de Marian Keyes paru en 2009 chez Pocket.

Anna Walsh, la trentaine, habitant à New York, ayant le « Meilleur Boulot du Monde » pour une agence de pub qui se charge de cosmétique – ça veut dire des produits gratuits à tire-larigot – se retrouve à Dublin, dans la maison de ses parents, dans ce qui fut leur salle à manger, aménagée pour le moment en chambre de malade.

Anna a eu un terrible accident de voiture (bras casé, rotule démise, ongles de la main arrachée, balafre sur le visage). Dans cette pièce où elle est abrutie par les médicaments, elle se remémore les évènements qui l’ont ramenée dans son pays natal, l’Irlande.

Les choses avaient commencées doucement, un emploi de relations publiques à Dublin, l’envie de s’exiler aux États-Unis avec une amie, un appartement riquiqui et hors de prix, un emploi décroché miraculeusement dans une grande agence de pub, des histoires d’amour assez peu satisfaisantes jusqu’à sa rencontre avec Aidan Maddox. Là, les évènements s’accélèrent. Aidan lui propose rapidement de l’épouser et ils emménagent ensemble. Sa vie lui semble parfaite mais l’accident fait tout dérailler.

Dans cette pièce à Dublin, elle essaye en vain de contacter Aidan et décide de retourner à New York pour se lancer à sa recherche. Une fois à New York, elle reprend sa vie d’avant l’accident. Mais le pourra-t-elle seulement ? Car Anna est en plein déni. Aidan est mort. Elle est désormais veuve. Aidée par ses amis, elle réalise peu à peu que son époux est décédé mais ne peux s’empêcher en même temps de chercher à communiquer avec le défunt. Commence alors la traque du bon médium, quelqu’un d’honnête qui communique avec les morts pour avoir la réponse à la grande question : où est Aidan ?

Une chick lit’ à la fois amusante et triste, sur un sujet difficile, le deuil. Marian Keyes a cette particularité de savoir avec brio entremêler des histoires assez dures tout en gardant le ton léger propre à la comédie romantique.

Dans ce roman, j'ai retrouvé avec plaisir les membres de la famille Walsh qui apparaissent dans ses romans précédents. Dans Les Vacances de Rachel, nous suivions la lutte d’une des sœurs aînées de la famille contre ses addictions et dans Chez les anges, Maggie, son aînée, une femme au foyer au profil de « Desperate Housewife », licenciée et trompée par son mari, décide de fuir à Los Angeles et reprend goût à la vie dans la capitale du cinéma et des paillettes.
Queen of pain.jpg
Queen of pain de Camilla Ferrari.

07:02 Publié dans Lectures | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : littérature irlandaise, chick lit, marian keyes |

04 mai 2007

Histoire irlandaise

medium_L_Histoire_de_Chicago_May.jpgL’Histoire de Chicago May de Nuala O’Faolain paru en 2006 chez Sabine Wespieser Editeur.

Contrairement à ce que laisse accroire la page de titre, il ne s’agit pas du tout d’un roman mais bien d’une biographie, à peine romancée. C’est la biographie d’une jeune irlandaise de 19 ans, May Duignan (1871-1929), qui s‘est enfuie de son village d’Edenmore dans le comté de Longford pour rejoindre l’Amérique comme tant d’autres mais, contrairement à la plupart de ses compatriotes, elle part en volant son père plaçant ainsi sa vie sous le sceau du crime.

Arrivée aux États-unis, elle accède à la notoriété et se voit surnommée « Chicago May ». Elle est considérée comme la reine des arnaqueuses. Elle est plus ou moins prostituée, dévalisant ses client avant que ceux-ci ne consomment, fréquente des braqueurs, ouvrant des tripots clandestins, voyageant dans le monde entier, de la France au Brésil.

Mais cette biographie, basée sur de très nombreux document dont la propre biographie de Chicago May (Chicago May. Son histoire. Un document humain par « la reine des criminelles », par May Churchill Sharpe paru en 1928) est aussi une biographie en miroir de l’écrivain, Nuala O’Faolain, irlandaise et comme elle sans descendance. Mais Nuala O’Faolain n’a jamais été tenté de quitter totalement son Irlande natal, c’est à travers cette biographie qu’elle essaye de comprendre ce qui a pu pousser tant d’Irlandais à fuir leur pays et quelles ont été leurs conditions de vie en Amérique.

Sur l’Irlande elle écrit :

« À l’époque où May mourut, et pour au moins un demi-siècle encore, l’Irlande était totalement en proie à une peur institutionnalisée des femmes ; c’est-à-dire de la sexualité. Un homme irlandais sur cinquante était alors un prêtre catholique : les trois quarts des hommes entre vingt-cinq et trente-quatre ans étaient célibataires ; les admissions d’hommes dans les asiles psychiatriques avaient quadruplé en dix ans et l’Irlande avait le taux de natalité le plus bas d’Europe. Le clergé travaillait de façon obsessionnelle afin de contrôler la sexualité par diktat et en propageant le dégoût. De mon temps, les petites filles n’étaient pas autorisées à faire de l’athlétisme parce qu’elles auraient été obligées de se changer à côté des garçons. L’archevêque de Dublin interdisait l’usage des tampons parce qu’ils familiarisaient les filles avec leur corps. Tomber enceinte hors mariage entraînait la disgrâce à vie pour les filles et leur famille. La contraception était interdite de même que la connaissance que cela existait. Les femmes devaient aller à l’église pour se purifier après chaque naissance. Et ainsi de suite. »

Elle analyse également le monde criminel de cette fin du 19ème et du début du 20ème siècle sans faire preuve de fascination ni de jugement trop péremptoire.

Chicago May, à la fin de sa vie, très malade, a reçu un soutien inattendu de la part d’August Vollmer qui l’a incité à écrire ses mémoires. Cet homme, très respecté, est avant tout un policier qui a réorganisé les services de police de Berkeley, Californie. Il a fondé la criminologie moderne, il a été le premier à installer un parc de véhicules avec radio, le premier également à utiliser un détecteur de mensonge, il a aussi encouragé l’intégration de femmes afro-américaines dans les rangs de la police… Bref, un homme très en avance sur son temps, devenu après son mandat consultant pour de nombreuses villes du monde entier. Et voilà ce que Nuala O’Faolain rapporte de la relation entre cet homme, le policier en chef de Berkeley, et entre Chicago May, criminelle convaincue :

« Vollmer s’intéressait à May pour la simple raison qu’il était un véritable idéaliste. N’importe qui d’autre serait parti du principe qu’après quarante années de carrière criminelle – au cours de laquelle, bien qu’elle en eût passé plus de la moitié en prison, May avait toujours récidivé – il n’y avait aucun espoir pour elle. Cela devait sembler ridicule, cruel même, de parler de changement à une récidiviste invétérée comme elle. Mais Vollmer écrivit : "Vous ne pourrez jamais me dire ce qu’un homme est capable de faire, et si j’en soutiens dix d’entre eux et que neuf me déçoivent et échouent, le dixième peut me surprendre. Ce pourcentage me suffit, parce que c’est en aidant les gens à évoluer que nous faisons de vrais progrès dans notre société." »

Ce qui m’a amené à une réflexion sur le « tout répressif » et la « tolérance zéro » tels qu’ils sont prônés par un ex-ministre de l’Intérieur, lui aussi policier en chef d’une certaine façon…

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Comme le lecteur, Nuala O’Faolain est intriguée par la vie très mouvementée de Chicago May et la condamne d’une certaine façon, mais elle cherche toujours à montrer la part d’humanité de son héroïne derrière la litanie de ses crimes et de ses vantardises.

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Ce livre a reçu le Prix Femina étranger 2006

08:05 Publié dans Lectures | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : littérature irlandaise, biographie, nuala o'faolain |