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18 décembre 2013

Tortuga

littérature italienne,roman historique,Valerio EvangelistiTortuga de Valerio Evangelisti paru en 2011 chez Rivages (existe aussi en poche).

1685, dans la mer des Caraïbes, Rogério de Campos est maître d’équipage sur un navire de la marine espagnole lorsque celui-ci est attaqué par des flibustiers. Il est alors enrôlé de force sur le bateau de Laurens De Graaf en attendant d’être cédé à un autre flibustier, le capitaine de Grammont. Ces hommes munis de lettres de cachet pratiquant la piraterie au service de la Couronne de France. Mais la flibuste n’est plus acceptée par Louis XIV et l’île de la Tortue qui était leur repère, leur est désormais hostile par la présence d’un nouveau gouverneur.

C’est dans ce contexte que Rogério, un homme idéaliste et pieux mais au passé sombre et ancien jésuite, va découvrir une société certes démocratique puisque le capitaine est élu, le butin, s’il y en a, est partagé équitablement entre les marins et des règles régissent les rapports entre eux. Mais c’est avant tout une société ultra-violente où les actes de tortures, la barbarie sont courants et où la miséricorde n’a pas sa place. Confronté à cela, Rogério est dégoûté mais plonge dans cette vie poussé par la passion à sens unique qu’il voue à une belle esclave très convoitée tant par sa beauté que par sa valeur marchande.

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Howard Pyle, L’attaque du galion, 1905.

Sur une base historique où certains des protagonistes de ce roman ont véritablement existé, l’auteur écrit un très bon roman historique sur la descente aux enfers d’un homme au départ plutôt humaniste qui observe, révolté, les actes de ceux qui l’entoure, mais qui suit le mouvement pour atteindre son propre objectif : posséder enfin la si belle esclave, quitte à éliminer tous ceux qui le gêne dans son entreprise.

Loin de l’image romantico-comique du pirate que l’on voit notamment à Hollywood, ici on est dans un monde sans pitié, au-delà de ce que l’on peut imaginer en terme de cruauté, en présence d’hommes qui ont renoncé à toute son humanité pour satisfaire leurs vices les plus infâmes. En suivant ce chemin, Valerio Evangelisti écrit un roman qui doit, finalement, coller à la réalité de cette époque.

Grâce à son écriture ainsi qu’à son intrigue, il permet au lecteur d’en appréhender toutes les nuances, mêmes les plus horribles.

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09:35 Publié dans Lectures | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : littérature italienne, roman historique, valerio evangelisti |

28 octobre 2012

La Patience de l’araignée

littérature italienne,roman policier,Andrea CamilleriLa Patience de l’araignée de Andrea Camilleri paru en 2007 chez Fleuve Noir (aussi disponible en poche).

Alors que le commissaire Montalbano est en convalescence pour récupérer après avoir reçu une balle dans l’épaule, il est rappelé au commissariat de Vigàta (Sicile) car une jeune fille a été enlevée.

Le Questeur (l’équivalent du Préfet en Italie, je pense) ne lui confiera pas l’enquête car pour lui, Montalbano est un incompétent notoire qui ne respecte pas les règles. Montalbano qui a autant d’amitié et d’estime pour le Questeur que celui-ci en a pour lui, se satisfait de la situation et suit l’enquête de loin tout en conservant son habitude de travail fondé sur l’observation et l’empathie. Car plus que la justice, ce que le commissaire recherche, c’est de connaître la vérité.

C’est ma première intrusion dans le monde de Camilleri et de son personnage emblématique, le commissaire Montalbano. J’ai été déroutée par l’écriture et j’ai eu un peu de mal à rentrer dans l’histoire. Heureusement que le traducteur a, dans sa préface, expliqué sa volonté de respecter la particularité de l’écriture de Camilleri car, sinon, j’aurais abandonné la lecture en maudissant une fois de plus les traducteurs qui font n’importe quoi !

Mais peu à peu, je me suis prise à apprécier la bizarrerie de langage du texte et à m’intéresser aux protagonistes. C’est une étrange expérience de lecture et j’en ai aimé chaque seconde. L’histoire est intéressante, les personnages soignés et l’on découvre la Sicile comme si on était un habitant des lieux. Je pense qu’après celui-là, je vais lire Chien de faïence qui a obtenu le prix des lecteurs des bibliothèques de la Ville de Paris.

Les histoires du commissaire Montalbano ont été adaptés pour la télévision et diffusés cet été sur France 3 (bien évidemment dans le désordre car pourquoi respecter la chronologie…).

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11:39 Publié dans Lectures | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : littérature italienne, roman policier, andrea camilleri |

08 mai 2007

Trop de complots tue le complot

medium_La_Conjuration_du_troisieme_ciel.jpgLa Conjuration du Troisième Ciel de Leoni Giulio paru en 2007 chez 10/18 "Grands Détectives".

Une fois n’est pas coutume, voici une critique négative…

Je n’ai pas du tout aimé ce roman, mais alors pas du tout. Il a fallu que je me force pour arriver à la fin et connaître enfin le dénouement. Ce qui me rassure, c’est que je ne suis pas la seule à avoir galéré dessus. Vous verrez ici et des personnes qui en ont abandonné la lecture. Ils sont sûrement plus malins que moi car la seule chose que ce roman m’ait apportée c’est de l’agacement et j’en ai râlé pendant deux jours.

L’histoire est assez bateau : des meurtres mystérieux, une société secrète, une période historique troublée, blablabla.

Une chose pourtant m’avait l’air prometteur : le héros est Dante, l’écrivain de la Divine Comédie dont j’avais tant aimé la lecture. Mais si on se fie à Giulio Leoni, Dante était un connard de première, imbu de lui-même, odieux avec tout le monde et surtout, avec un côté censeur tout à fait déplaisant :

« Dante s’immobilisait à chaque coin de ruelle, guettant le pas cadencé de la ronde. Mais le quartier semblait plongé dans un silence que seuls brisaient des éclats de rire, des petits cris, des murmures provenant des fenêtres. Il frémissait, scandalisé par les mœurs qu’il découvrait dans sa ville. »

Et pourtant dans sa jeunesse :

« De nouveau, son sang bouillonnait, comme à l’époque où il sévissait avec Guido Cavalcanti dans les nuits florentines, à la chasse aux jeunes épouses de vieux maris. »

Les mendiants de la ville l’insupportent (pour la charité chrétienne, c’est pas à lui qu’il faut demander !) :

« La grande cour carrée, bordée d’arcades, fourmillait d’hommes et de femmes, qui se bousculaient dans l’attente d’on ne savait quoi. Le poète se ménagea à grand-peine un passage vers l’escalier en s’efforçant de ne pas froisser ses vêtements. Il ne put s’empêcher de maudire les ordonnances de justice qui lui interdisaient de chasser cette racaille. »

Si on se fie aux portraits posthumes de Dante, c’est vrai qu’il a pas la tête d’un joyeux drille mais y’a de la marge entre un homme sérieux et réfléchi et un enfoiré que l’on a envie de baffer à chaque page ou presque !

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Fresque de Domenico de Michelino, Dante expliquant la Divine Comédie, 1465, Cathédrale (Duomo) de Florence

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Sandro Botticelli, Portrait de Dante, vers 1495

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Fresque de Raphaël, La Dispute du Saint-Sacrement, 1509-1510, Le Vatican à Rome

Bon, je vais quand même vous faire un résumé de l’histoire et vous donnez également le dénouement (pour tous ceux qui l’aurait lâché en cours de route et qui se demande quand même où tout ce bastringue allait les mener).

Dante travaille pour la commune de Florence. Il est chargé de résoudre le meurtre d’un mosaïste qui a eu lieu dans une église où celui-ci travaillait. Le meurtre est assez dégueu, avec signes cabalistiques et compagnie, pour fiche la trouille à tout le monde. L’homme appartenait à un cercle d’érudits, ces hommes voulaient créer une université à Florence dans cette église. Dans ce cercle, il y a de tout, un apothicaire, un religieux hérésiarque, un poète… et gravite autour une femme mystérieuse et envoûtante qui refait le sketch de la danse des sept voiles façon Salomé. Ces érudits sont liés au Pape Boniface VII qui chercherait à investir la ville de Florence qui est un peu trop indépendante à son goût. Dante déteste ce Pape et ses sbires et fera tout pour défendre sa cité. Mais ces érudits ont un grand secret, un truc énorme que personne ne doit savoir, un truc que le Pape veut absolument récupérer…

Texte qui suit à surligner si vous voulez connaître la fin !!!

Le mosaïste et un autre type, l’apothicaire, ont été tué pour protéger le secret des Templiers (oui, encore ! On peut pas lire un roman historique en ce moment, sans qu’il y ait des Templiers qui traînent). Ils ont découvert… roulement de tambour… l’Amérique ! Et oui, en 1294, les Templiers ont découvert l’Amérique, 198 ans avant Christophe Colomb. C’est fou non ? En plus, l’auteur est si astucieux, vous avez vu les dates : 1294, 1492 ? Il a juste eu à changer de place un chiffre ! Quel gros malin !!! Donc, pour résumer, y’a pas d’or des Templiers, l’or vient de l’Eldorado américain. Ah oui, la gonzesse si étrange vient de là aussi. Et leur secret si bien gardé, c’est des cartes maritimes avec les courants, les ports, les durées de voyage…
Voilà un roman bien inutile dans n'importe quelle bibliothèque, privée ou publique.

À ceux qui voudront le lire malgré tout : bon courage. Mais qui sait, il peut-être vous plaire plus qu'à moi !

18:35 Publié dans Lectures | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : littérature italienne, roman historique, roman policier, leoni giulio |