Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

16 décembre 2009

Cartoon

Cartoon.jpgCartoon de Marshall Karp paru en 2009 chez Le Cherche Midi.

Dans un parc d’attractions du style Disneyland, l’acteur interprétant la mascotte de l’entreprise, Pin Pon le lapin, est retrouvé mort alors qu’il se fumait un petite clope lors de sa pause. Les inspecteurs Lomax et Briggs sont appelés sur place et on leur demande d’enquêter le plus discrètement possible sur cette regrettable affaire.

C’est que Lamaar est une énorme entreprise et en farfouillant autour de cette multinationale, Lomax et Briggs découvrent que tout n’est pas rose dans l’empire du divertissement familial 100% américain. Cela commence par Pin Pon le lapin justement, il s’avère que l’acteur qui incarne l’ami des enfants est en fait un p&d*phile plusieurs fois condamné qui a trouvé là le boulot de ses rêves ; le fondateur de l’entreprise lui-même, ne correspond pas vraiment à son image de papy sympa : c’était en fait un raciste, homophobe, misogyne et issu d’une éducation très stricte de fondamentalistes chrétiens.

Non, vraiment, ce Familyland ressemble de plus en plus à la foire aux horreurs : des meurtres se succèdent et tous ont un rapport avec les entreprises Lamaar. Les enquêteurs se lancent sur la piste d’éventuels suspects qui chercheraient à faire tomber le cours de l’action de cette entreprise et à briser son PDG qui dispose de plus d’entregent qu’un chef d’état !

Ce roman policier nous plonge au cœur de l’industrie du divertissement au sein d’une « World Company » ressemblant comme deux gouttes de miel de Winnie l’ourson à Disney. L’auteur, à travers ses deux inspecteurs à l’humour gouailleur, décrit un monde en vase clos où les relations publiques sont la nouvelle religion et où le communiqué de presse est la bible. On y voit le personnel traité par-dessus la jambe quand il s’agit des petits salaires et on y trouve des cadres tellement dévoués, tellement « corporate », qu’ils sont prêts à mourir pour leur grand leader.

Même si Marshall Karp prend plaisir à dénoncer ce monde si particulier, on sent qu’il a aussi une certaine admiration pour la réussite financière de ce modèle et cela atténue considérablement son portrait à charge de ce type d’entreprise. Pour ceux qui souhaitent lire un livre mordant, acide et salutaire sur Disney & Cie je ne peux que conseiller cet essai de Carl Hiaasen, La Souris aux dents longues. Autre bémol de ce roman, l’auteur embarque certains de ses personnages dans des romances qui n’apportent rien au récit pas plus qu’elles n’éclairent leur personnalité.

Mais ça reste un roman agréable à lire, amusant, avec une intrigue prenante et ayant pour cadre un lieu suffisamment original pour que l’on passe sur ses quelques défauts.
Funland.jpg
Funland de .michael.newman.

21:41 Publié dans Lectures | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : littérature américaine, roman policier, marshall karp |