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08 janvier 2007

Roman policier

J’aimerais vous faire découvrir cet auteur de roman policier, Patrick Pécherot à travers deux livres : Les Brouillards de la Butte et le Boulevard des Branques (il y a aussi Belleville-Barcelone toujours chez Gallimard Série Noire mais je ne l’ai pas lu). C’est sur les conseils de Sophie, notre spécialiste en Polar, que j’ai découvert cet auteur qui m’a enthousiasmée !

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Dans Les Brouillards de la Butte, l’action se déroule en 1926 à Paris. Le héros, Pipette exerce plusieurs métiers ingrats, écrit des poèmes mais comme ça ne nourrit pas son homme, cambriole les riches avec des camarades plus ou moins anarchistes et supporters de Sacco et Vanzetti. Dans ce roman, on croise aussi bien la Goulue vieillissante qu'André Breton et les Surréalistes. Sauf qu’un jour, lors d’un des ces fric-frac, ils emportent un coffre-fort qui au lieu des lingots ou liasses espérés s’ouvre sur un cadavre. Pipette est curieux, il mène l’enquête dans les quartiers populaires pour comprendre comment et pourquoi ce mort est arrivé là dans un Paris encore sous le choc de la guerre de 14-18 ! Ce roman a reçu le Grand Prix de Littérature Policière en 2002.

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Dans Boulevard des Branques, le héros s’appelle Nestor, hommage explicite à Léo Malet et est employé comme détective privé dans l’agence Bohman. Ici, l’action se passe en juin 1940 et débute dans un Paris vidé par l’exode. L’intrigue tourne autour de la mort d’un éminent psychiatre qui aurait eu connaissance de secrets que lui aurait confié un patient, ancien de la guerre d’Espagne. Pécherot décrit admirablement le Paris populaire de cette époque, tout y est, la gouaille, l’argot… Quand Yvette, la secrétaire de Nestor, parle, on l’imagine avec l’accent des faubourgs d’Arletty.

Voici un extrait de ce roman pour vous mettre dans l’ambiance :

« Ce matin, c’est le silence qui m’a réveillé. Un silence vide. Sans ces bruits minuscules auxquels on ne fait plus gaffe à force de les connaître. Aucun écho de chasse d’eau lointain, pas un craquement de parquet, nulle voix de femme pour chantonner en moulinant le café. Pas de café, du reste. C’était un silence sans odeur. Étrange jusque dans le sommeil. Vaguement oppressant. Et suffocant, en bout de course. L’absence de tout, ça pèse. À vous en étouffer. Comme un poids mort qu’on aurait sur la poitrine. Un silence pareil, c’était pire qu’une noyade. Je me souviens d’avoir cherché de l’air. Mon cœur s’est décroché et j’ai ouvert les yeux.
Mon palpitant cognait dans mes côtes. Dans mes artères, la pression jouait à la pompe à bière. Mon pouls tressautait comme un lézard épileptique. Mais le silence était intact. Un bloc, avec rien pour l’entamer.
J’ai cru que j’étais devenu sourdingue. Depuis le temps que ça chauffait dans le coin, ç’aurait été une réaction comme une autre. J’en avais tant vu, en deux semaines de pagaille. Des coutumières aux charivaris, des bizarres et même des incongrues. Alors, que mes esgourdes se foutent en rideau, j’allais pas leur jeter la pierre. Elles seraient pas les premières à mettre les bouts. Pendant des jours, Paris n’avait été qu’un flot grossissant. Un fleuve en crue. Les digues avaient craqué, tout s’était répandu. Comme une cuvette qu’on vide, un abcès qui crève. »

14:35 Publié dans Lectures | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : littérature française, roman policier, patrick pécherot |