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27 décembre 2012

Nous avons toujours vécu au château

littérature américaine,roman fantastique,Shirley JacksonNous avons toujours vécu au château de Shirley Jackson paru en 2012 chez Rivages.

La narratrice, Mary Katherine Blackwood dite "Merricat" est une jeune femme de 18 ans très attachée à sa routine. Sa semaine obéit à des rituels qui se répètent inlassablement. Elle ne quitte le château, où elle vit avec sa grande sœur, Constance et son oncle Julian, que deux fois par semaine pour aller à la bibliothèque municipale et pour faire les commissions.

Ces sorties sont sources d’angoisses pour Merricat car elle considère que le monde extérieur lui est très hostile. Pour combattre la malveillance extérieure, elle use d’une magie qu’elle a inventé au fil des années. Cette jeune femme, à l’esprit d’une enfant, court toute la journée suivie de son meilleur ami, son chat Jonas. Constance, quant à elle, ne s’éloigne jamais un périmètre bien défini qui comprend la maison et le jardin qu’elle entretient avec amour tout en cuisinant les produits qu’elle récolte. Elle s’occupe également de l’oncle Julian, vieil homme invalide et légèrement gâteux.

Peu à peu, on découvre que l’hostilité des villageois envers la famille de Merricat n’est pas le fruit de son imagination, qu’un drame survenu six ans plus tôt en est la cause. Car six ans auparavant, la famille entière, à l’exception de Constance et de Merricat, a été empoisonné par du cyanure versé dans le sucrier. Constance n’aimant pas les mûres du dessert, n’a pas consommer de poison, l’oncle Julian a très peu sucré son dessert, il a donc survécu et Merricat était punie dans sa chambre, privée de dîner.

À ce dîner fatal, sont décédés le père, la mère, le petit frère de 10 ans de Constance et Merricat ainsi que l’épouse de l’oncle Julian. Les autorités ont soupçonné Constance qui a finalement été acquittée. Mais aux yeux de tout le monde dans le village, c’est elle la meurtrière. Les survivants de cette grande famille implantée depuis des décennies dans la région survivent donc accrochés à leurs habitudes respectives quand Merricat sent qu’un malheur va les frapper car un des fétiches qu’elle a installé dans la propriété pour la protéger est tombé.

L’arrivée de leur cousin Charles confirme ses craintes. Cet homme va peu à peu semer la dissension dans la famille et tenter d’isoler Merricat et de se débarrasser de l’encombrant oncle Julian.

Dans ce roman, le fantastique stricto sensu est presque absent. Pourtant l’atmosphère si particulière arrive à insuffler de la tension et un malaise propre à ce genre. On s’attache aux personnages, notamment à la narratrice, Merricat, dont la folie envahi peu à peu le lecteur, le forçant à voir le monde – son monde – comme elle.

Voilà un roman bien singulier, magnifiquement bien écrit, dont la réédition et surtout la nouvelle traduction est une grande chance pour les lecteurs francophones qui vont enfin pouvoir découvrir l’auteur qui a influencé de grands écrivains du fantastique comme Stephen King, Neil Gaiman et Richard Matheson.

J’espère que les éditions Rivages vont continuer sur leur lancée et j’attends avec impatience la sortie des autres écrits de Shirley Jackson !

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littérature américaine,roman fantastique,Shirley Jackson

07:56 Publié dans Lectures | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : littérature américaine, roman fantastique, shirley jackson |