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05 novembre 2006

Coup de coeur

medium_2221104277_01_SS500_SCLZZZZZZZ_V62382127_.2.jpgMoi, Charlotte Simmons de Tom Wolfe paru en 2006 chez Robert Laffont.

J’ai parfois l’impression que Tom Wolfe n’est pas trop connu autour de moi, pourtant quand je commence à parler de L’Étoffe des héros ou du Bûcher des vanités, je vois que certains voit à peu près de quoi je veux parler, même si c’est grâce ou à cause des films tirés de ses romans.

Dans son dernier livre, l’héroïne, Charlotte Simmons vient d’une petite ville de Caroline du nord, très isolée dans les Montagnes Bleues. Une ville assez – voire très – conservatrice et repliée sur elle-même. Charlotte est un petit génie, très douée dans toutes les matières académiques, la fierté de ses parents, plutôt pauvres et de ses profs. Mais aussi en but à la moquerie de ses camarades. En effet, elle est loin d’être populaire.

Mais qu’importe, elle obtient une bourse pour aller à l’université, à Dupont. Une université imaginaire mais aussi prestigieuse que ses consoeurs de l’Ivy League, Harvard, Yale ou Princeton. Alors qu’elle s’attend à y découvrir des étudiants comme elle, de côtoyer les futurs intellectuels de demain réunis en une sorte de cénacle, un Café de Flore avec Sartre et Simone de Beauvoir à l’américaine. Elle réalise alors que la grande majorité de ses camarades veulent boire, baiser, jouer à la Playstation. Il faut être cool, comprendre le « patois fuck » et ne pas accorder trop d’importance aux études. Ces jeunes gens, enfin loin de chez eux, se lâchent complètement, ils peuvent faire tout ce qu’ils veulent, personne ne va les juger, une sorte de parenthèse enchantée où tous les excès sont permis et encouragés sans qu’il n’y ait de conséquences pour eux.

Le problème, c’est que Charlotte a été élevée de manière assez stricte mais elle a aussi une très haute opinion d’elle-même. Une partie d’elle souhaite absolument s’intégrer, être cool, sortir avec un beau garçon appartenant à une fraternité ou avec un sportif même si ceux-ci sont acceptés à Dupont sans avoir les capacités intellectuelles requises ! Et l’autre partie d’elle aspire à découvrir une vie intellectuelle riche et pleine d’émulation.

J’ai beaucoup aimé ce livre. Je sais que la plupart des critiques sont assez déçus même s’ils reconnaissent la qualité du travail journalistique que Tom Wolfe a fourni pour écrire ce roman qui fait découvrir l’envers des universités d’élites.

On l’a comparé avec Bret Easton Ellis, qui a également écrit sur le sujet, plus brillamment d’ailleurs à leurs avis. C’est possible. Mais j’ai l’impression qu’ils sont passés à côté de la complexité de l’héroïne, qu’ils décrivent comme naïve voire même un peu gourdasse. Je crois juste que Charlotte de part son éducation ne maîtrise absolument pas les codes en vigueur chez ces jeunes gens et il y a aussi sa fierté qui la met au-dessus des autres. Son ancienne amie de lycée, venant de la même ville, elle, s’est totalement coulée dans le moule de sa propre université. Jouant la fille sage quand elle rentre à Sparta mais totalement délurée sur le campus.

D’une certaine façon, Charlotte est assez prétentieuse. Elle veut réussir sur tous les plans. Sa naïveté, réelle au départ, tourne vite au calcul de manière plus ou moins consciente.

Tom Wolfe, très habilement je trouve, fait évoluer le lecteur en même temps que son héroïne, comme elle, nous sommes choqués par les beuveries, les orgies et la vulgarité de ces étudiants. Nous partageons sa déception devant le contenu de certains cours, un seul d’ailleurs sort du lot, le cours dispensé par un prix Nobel et qui évoque l’autodétermination justement. Charlotte elle-même pensait être libre du choix de ses actes, le roman démontre le contraire et amène à nous interroger sur nos propres choix.

Enfin… C’est mon avis et je le partage !

16:20 Publié dans Lectures | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : littérature américaine, tom wolfe |